En 2026, la célèbre Fête des Livres, qui ouvre la rentrée littéraire dans le département d’Eure et Loir, quitte exceptionnellement le Parc Départemental de la Ferté Vidame pour se tenir au Domaine Vidame, site de l’ancien “Parc Citroën”, où se déroulait en secret les essais des véhicules de la marque.
Venez découvrir ces lieux, enfin ouverts au public, et échanger avec une trentaine d’auteurs reconnus qui présenteront leurs nouveautés.
Dimanche 20 septembre de 10 à 18 heures, entrée libre, bars et restauration en plein air.
James Laing (Jimmy) sauvé et trahi
Mai 1944, villa Charpentier à Chassant
Il est pilote sur un Mustang américain P51, avion de chasse qui protège les escadrilles de bombardiers B17 venus bombarder le terrain d’aviation de Bourges le 28 avril 1944.Vers 13 heures la mission est terminée et les P51 sont remplacés par des P47.Au retour vers leur base anglaise, les 4 avions de chasse du 328 th Red Flight dont celui de Laing, décident d’attaquer un semblant de terrain d’aviation allemand (Herbouville ?). En fait il s’agit probablement du terrain de Châteaudun fortement défendu par la FLAK allemande et ses canons de 88 qui ne subissent pas moins de 7 bombardements ce jour-là.
L’avion de Laing est touché, perd de l’altitude mais continue de voler malgré une fuite d’huile importante. Le pilote ouvre son cockpit et est prêt à sauter en parachute. Mais l’avion repart car il n’y a pas d’incendie. Puis le moteur cale et à 300 pieds d’altitude,
James Laing saute dans le vide et tombe à côté d’Haponvilliers à 100 mètres de son appareil en flammes qui explose.
James Loyd Laing matricule 0-737146 quitte le P51 n°42-103290 détruit et tente de s’écarter malgré une blessure qui lui fait penser à une fracture ayant atterri à plat ventre. Il dégrafe son parachute et prend la direction du Sud envisageant Gibraltar par l’Espagne. Une véritable gageure pour un américain en uniforme ne parlant pas un mot de français, sans ressources, sans contact et ne possédant en tout et pour tout qu’une carte sur tissu représentant la France et ses principaux fleuves.
Son arrivée à Chassant le 1er mai 1944 résulte d’un parcours inconnu au cours duquel il a pu rencontrer des civils français l’ayant secouru. A cet égard la zone d’Haponvilliers est le territoire d’une grande famille résistante (les GOUJU) dont les ainés tiennent des boulangeries à Champrond en Gatine, Brou et Chassant.
Avec ce réseau, les Gouju fournissent du pain la résistance locale et notamment le maquis de Plainville à partir de juin. Il est donc très probable que l’aviateur ait pu obtenir un contact avec la famille Gouju dès son crashe. Mais ce contact, s’il est fragile, est aussi exposé aux dénonciations. Ainsi les postiers résistants de Nogent le Rotrou mettent la main sur une lettre de dénonciation du boulanger de Combres à l’encontre de son confrère Gouju à Chassant. Interceptée, la lettre signée n’ira pas jusqu’à le kommandantur ou la gendarmerie française. Mais l’alerte a été chaude pour le réseau et la méfiance redoublera parmi les clandestins de la résistance.

James Laing en uniforme, (Photo J.Pierre)
La Villa Charpentier à Chassant
Habitée par la famille Bacchi durant une partie de l’occupation cette maison du célèbre sculpteur Félix Charpentier (1858-1924), cette villa, devient un lieu de sauvetage pour des persécutés juifs et des aviateurs tombés. Elle accueillera aussi le chef départemental de la Résistance Maurice Clavel (Sinclair) et son agent de liaison Silvia Montfort.
Lieu de passage lors du repli allemand après le débarquement et le désastre de la poche de Falaise-Chambois, la villa sera occupée temporairement par des troupes défaites pour plusieurs jours. Ces hôtes non désirés côtoieront plusieurs résistants locaux venus prendre des consignes auprès de leur chef.
D’emblée l’arrivée de James Laing (Jimmy) est accueillie avec chaleur par Denise Bacchi qui lui gardera un bon souvenir malgré quelques difficultés. Ce jeune pilote méconnait les conditions de l’occupation allemande et les risques encourus par les civils. Il les apprendra rapidement avec les consignes de sécurité imposées par la situation. Denise Bacchi veille à ce que cette présence inhabituelle n’éveille pas les soupçons d’habitants plus ou moins bien intentionnés. Les Allemands ont publié très tôt l’interdiction de secourir les aviateurs alliés et plusieurs français ont payé de leur liberté voire de leur vie le secours accordé aux Alliés en difficulté.
Les dénonciations de français contre les français patriotes sont nombreuses, appâtés par des avantages accordés quand ce ne sont pas des primes substantielles versées aux dénonciateurs. Si nombreuses que le Préfet Pierre Lebaube, chantre de la collaboration, publie un arrêté indiquant que les gendarmeries sont débordées par les lettres anonymes et qu’il a dû interdire des enquêtes qui prenaient trop de temps à la Gendarmerie. Désormais seuls les courriers signés seront suivi d’effet ce qui se traduira aussitôt par une réduction massive des dénonciations.
A Chassant comme dans tous les villages, la prudence est requise pour les civils participant de fait à la résistance en secourant les aviateurs tombés. Jimmy sera le premier accueilli ici et sera suivi par l’équipage presqu’entier d’un Halifax (6 aviateurs logés à la villa du 9 au 22 juin 1944) et de Paul Clarck, pilote d’un Mustang, du 24 juin au 4 juillet 1944. Ces aviateurs seront pris en charge par la Résistance départementale qui les acheminera au camp de Bellande à Fréteval (Loir et Cher) où ils rejoindront plus de 150 d’entre eux cachés dans le bois en attente des Américains qui approchent.
Pour James Laing, il s’agit d’être patient et discipliné ce qui ne sont pas ses qualités premières. La facilité de son sauvetage et les conditions excellentes de son séjour à la Villa lui donne envie d’aller au-delà des consignes de sécurité surtout lorsque des soldats sont présents à la villa. Logé dans la dépendance de la Garenne, Jimmy pouvait aller et venir librement. En cas de danger, il devait se cacher dans un réduit aménagé, avec lit et eau, à coté de la chambre qui lui avait été allouée.

Jimmy dans les jardins de la Villa Charpentier. Photo Bacchi
Dès le 4 mai, soit quelques jours après l’arrivée de Jimmy, 150 allemands viennent camper à Chassant par petits groupes à loger obligatoirement chez l’habitant. Leur lieutenant appelé Guise demande une chambre à la Garenne et sera donc voisin proche de Jimmy qui se cache alors dans la cave … et fait tomber un objet sonore
Le lieutenant demande de suite à visiter la cave où il découvre 4 chatons en plein exercice.
Jimmy s’est faufilé à travers un soupirail pour aller se cacher dans le sous-bois sans laisser de traces ni de doute dans l’esprit du soldat.
La situation périlleuse ne devait plus durer et Denise Bacchi prit contact avec la résistance locale pour évacuer Jimmy discrètement. Il s’agit de transférer l’aviateur dans le groupe de résistance de Thiron Gardais.
La résistance locale
Il existe autour de la Villa 3 groupes civils de résistants : Chassant, Thiron Gardais et Combres. Tous ne sont pas combattants et assurent des missions essentielles de renseignement, d’hébergement et d’approvisionnement des clandestins, juifs et aviateurs. Ces groupes seront affiliés officiellement au Maquis de Plainville vers le 20 juin 1944. Le groupe le plus organisé est celui de Thiron Gardais sous la direction d’Edgar Cahour et Simon Richard.

Simon RICHARD, 42 ans en 1944 membre du groupe N°1 sous la direction d’Edgard Cahour au maquis de Plainville.
C’était un sergent-chef, entré en résistance en 1943.
Voici ce qu’écrivait en 1945, Jean RENAULDON, vétérinaire de La Loupe et chef adjoint du maquis de Plainville à propos de Thiron-Gardais :
« Camarades Thironnais ! je ne vous cite pas tous, mais tous vous méritez une citation, une vraie ! En invoquant nos anciens chefs, en ce début de 1945, c’est le vœu que je formule. »
Et de citer quelques noms comme Gilbert Vallet l’épicier qui ravitaillait les clandestins et MM. Raux et Damas qui fournissaient le pain transporté par Mr Vinette.
Tout avait commencé avec un petit groupe autour d’Edgar CAHOUR qui tenait l’hôtel de l’Agriculture (à la place de l’épicerie actuelle probablement). Avec lui Simon Richard qui travaillait à la sablière et sa femme qui était chef de gare. A Chassant les époux Bacchi faisait partie du groupe et planquaient les aviateurs US tombés.
Sur le terrain de parachutage appelé BASSET, près de l’étang Sainte Anne, il y eut trois largages de matériel (juillet, aout et décembre 1943), c’est-à-dire pratiquement les premiers reçus en Eure et Loir.
Lorsque les phrases suivantes étaient entendues discrètement sur la BBC, des équipes rejoignaient le terrain de nuit pour récupérer armes et matériel de combat :
« Le sport assouplit les muscles » ou « la nage est un sport complet » ou encore « la boxe est un sport ».
Dans le champ, on retrouve Cahour, Richard, Vallet, Gagnon père et fils, et Vasseur avec sa cariole attelée. Mais aussi quelques gendarmes alertés par on ne sait qui…
Après discussion, ces gendarmes fermeront les yeux et aideront la résistance thironaise. Les armes seront réparties ici et là : sous la buvette de Sainte Anne, chez Mérel, Vinette, Bahers, Guinebert et Gouju de Chassant.
Au total le groupe Cahour comportait 15 hommes à Thiron, idem pour celui de Gouju à Chassant plus les 8 de Combres avec Lemitre et les 8 de Frétigny avec Pavee.
Tous ces combattants seront reliés ensuite avec le maquis de Plainville qui se forme mi-juin 1944. Les Thironnais avaient déjà une solide expérience de la clandestinité quand ils ont rejoint ce maquis.
Cahour est contacté par Denise Bacchi pour évacuer Jimmy quelques jours après l’arrivée des Allemands dans le village de Chassant.
Denise se charge de l’exfiltration, connaissant les lieux que les soldats occupent dans le village, elle le conduit discrètement vers une voiture qui l’attend sur la route de Thiron et qui le conduit chez monsieur Mérel. Mais arrivé là, tout ne se passe pas bien car Jimmy, mécontent d’avoir quitté la villa Charpentier et Denise, se comporte bien mal : il fait hurler la radio anglaise et se promène en barque sur l’étang où jouent des soldats allemands lors de leur détente. Il est si insupportable qu’il faut le renvoyer à la villa.
Denise et monsieur Chauveau se rendent à Thiron pour le récupérer et s’arrêtent au café Cahour, mais celui-ci est envahi par les soldats allemands. Se frayant un passage entre eux, le petit groupe accompagnant Jimmy aborde quelques résistants qui s’y trouvaient aussi.
La tension est à son comble.
Denise trouve alors une solution pour exfiltrer Jimmy de Thiron. Elle le somme de ne pas parler et décide de le présenter si besoin comme son frère en cas de contrôle. Tous les deux retraversent le café Cahour et la place avant de prendre la route de Chassant tranquillement. Simulant un jeu, elle retire ses chaussures et se met à courir d’un poteau électrique à l’autre suivie par Jimmy sous l’œil amusé des jeunes soldats.
C’est ainsi qu’ils retrouvent la villa qu’ils abordent par l’arrière du petit bois tout de même surveillé par une sentinelle. Celle-ci reçoit le message de Denise qui explique que l’homme qui l’accompagne est son beau-frère un peu simplet…
Le séjour de Jimmy à la villa reprend jusqu’au 14 mai 1944 où la véritable séparation a lieu. La résistance a proposé d’exfiltrer l’aviateur vers Chartres où il pourra rejoindre l’Angleterre par les réseaux de récupérations d’aviateurs.
Cette fois, déguisé en percheron revenant du travail, casquette enfoncée sur la tête, Jimmy n’en mène pas large en traversant à pied avec Denise le village investi par la troupe ennemie. Sautant sur un vélo qui les attendaient à la sortie du bourg ils dévalent la route Jimmy pédalant avec Denise sur le cadre.
Trois kilomètres plus loin, Jimmy change, à grand regret, d’accompagnateur pour une destination inconnue de lui, mais il espère toujours que ce sera Gibraltar.
Le réseau de récupération Picourt
Organisé par un pharmacien de Chartres qui tient boutique avenue Jehan de Beauce, face à la gare, ce réseau spontané s’est constitué en 1943 par la sollicitation de certains résistants voulant transférer des aviateurs tombés après leur crashe.
Raymond Picourt est agent de renseignement officiel du BCRA à Londres et, apparemment connu localement pour ses activités clandestines. C’est le début de la structuration de la résistance chartraine et autour et il n’y a pas beaucoup de possibilités d’acheminer des aviseurs récupérés.
Picourt décide de transférer quelques aviateurs à Paris, qu’il accompagne par le train. Certains rejoindront ainsi l’Angleterre, soit par la filière Comète vers l’Espagne, soit par la Bretagne (Plouha) avec Buckmaster.
Le succès de ces transferts constitue un appel d’air pour les groupes résistants confrontés à la multiplication des crashes aériens et à ces aviateurs dont il faut sauver la vie. Très rapidement le réseau Picourt se met en place sans véritable organisation de la sécurité de ses membres et des aviateurs. C’est un réseau artisanal, né localement dans l’ignorance du BCRA à Londres et qui arrive par petites touches à remplir la mission de récupération.
Mais c’est aussi sa faiblesse que les services de renseignements allemands vont s’attacher à pénétrer.
C’est ainsi, de maladresse en initiative incongrue, que Raymond Picourt va laisser entrer dans son réseau un redoutable agent des Allemands qui sera responsable de plus de 150 arrestations d’aviateurs récupérés en Eure et Loir et d’environ 1500 autres sur tout le territoire national entre 1940 et 1944.
Il répond au nom officiel de Jean Jacques Desoubrie mais il possède plus d’une dizaine de pseudonymes lui permettant d’infiltrer de grandes organisations comme la Vérité française ou de petites comme le réseau Picourt.
Sa mission confiée par l’Abwerh, n’est pas de détruire les groupes de résistance mais de les infiltrer pour capturer les aviateurs tombés afin d’éviter leur retour en Angleterre et continuer de bombarder l’Allemagne. Ce faisant, Desoubrie pénètre les groupes résistants d’Eure et Loir et d’ailleurs et possède noms, adresses et activités des clandestins pour opérer plus tard d’immenses coups de filets d’arrestations.
L’exfiltration trahie de Jimmy (selon Forced landing)
“Il fut accompagné à Chartres en bicyclette et fut ensuite provisoirement hébergé chez M. et Mme LEMONNIER (Rue du Soleil d’Or à Chartres) puis, le 24 mai 1944, M. PICOURT vient le chercher pour le cacher ensuite dans sa pharmacie qui avait l’avantage d’être située à proximité de la gare de Chartres. Mme ORSINI et Jean-Jacques DESOUBRI prirent livraison du “colis” pour être transporté à Paris en train.
James LAING se rappelle qu’il avait voyagé en train avec un autre aviateur américain, navigateur dans un B-24 (sans doute le Sgt Harold OWENS tombé le 11 Mai 1944 à Bazoches-en-Dunois). Le 24 Mai 1944, les deux aviateurs alliés furent remis lâchement au quartier général de la Gestapo, Rue des Saussaies à Paris

Les aviateurs furent incarcérés dans la prison de Fresnes jusqu’au 11 Juillet 1944 puis ils furent envoyés à Mayence, en Allemagne, où ils restèrent deux mois en isolement sous les bombardements alliés.
De là, ils furent envoyés à Wiesbaden, puis le 15 septembre 1944, au centre d’interrogatoire de Dulag, puis ensuite au Stalag Luft I à Barth qui était surpeuplé et qui manquait terriblement de nourriture et de chauffage.
Le Lt James LAING perdit 52 kilos en 4 mois. Ils ne recevaient alors qu’au maximum un quart de livre de nourriture par homme et par semaine en provenance de la Croix Rouge. Puis, en Avril 45, les Allemands amenèrent 100.000 colis de nourriture de Rostock.
Le camp fut finalement libéré le 14 Mai 1945 et James LAING fut transporté dans un camp Lucky Stricke dans la soute d’un B-17….
Il passa quelques temps à Paris avant d’être redirigé sur la ville du Havre pour embarquer sur le bateau USS BUTLER le 18 Juin 1945 pour arriver à NEWPORT le 26 Juin 1945.” (fin de l’apport Forced landing)
Pendant ce temps à Chassant…
Denise et Félix Bacchi continueront à recueillir d’autres aviateurs et à les transmettre aux réseaux de récupération, étant persuadés du sauvetage de James Laing.
Lorsqu’ils accueilleront Sinclair, le chef de la résistance et Silvia sa compagne, durant plusieurs jours fin juillet début aout 1944 où ils étaient venus pour préparer l’attaque de Nogent le Rotrou avec le maquis de Plainville, Sinclair émis un doute sur la filière d’exfiltration mais, préoccuppé par d’autres missions, cela n’alla pas jusqu’à une enquête au demeurant fort difficile pendant l’Occupation.
Il a fallu attendre les courriers de Jimmy à Denise et Félix bien après la guerre pour découvrir une partie de la trahison des aviateurs récupérés. Son témoignage corroboré par des dizaines d’autres a mis en lumière l’action de l’agent infiltré Desoubrie qui fût arrêté en Allemagne en 1947 et jugé puis exécuté dans les fossés du fort de Montrouge après son dernier cri : Heil Hitler.
La connaissance de la totalité du parcours de Jimmy, son sauvetage et sa trahison démontre aussi que les services de renseignements allemands connaissaient parfaitement de l’intérieur ces réseaux de sauvetage qu’ils laissaient fonctionner tant que cela alimentait les arrestations et déportations d’aviateurs, ce qui constituait l’objectif prioritaire des nazis.
Mais cela met aussi en lumière les dangers qui pesaient sur la famille Bacchi et la villa Charpentier, lesquels ont pu être identifiés par de simples conversations entre les aviateurs sauvés et ceux, soi-disant résistants, qui les transportaient vers Paris, mais qui les conduisaient en fait, vers les camps de Buchenwald et de Luft II et III à Sagan.
Une projection du film sera proposée dans un lieu exceptionnel de ce petit village fortement impliqué dans le soutien à la Résistance et dans l’hébergement des aviateurs tombés et des juifs persécutés.
Samedi 8 aout 2026 Villa Charpentier 61 rue Saint Lubin
PROJECTION à 17 heures 30.
La Villa Charpentier, classée Maison des Illustres en Eure et Loir, a été bâtie fin 19ème siècle à l’initiative de Félix Charpentier, grand sculpteur reconnu, qui y a vécu avec sa famille et travaillé à de multiples œuvres aujourd’hui dispersées dans le monde entier.
Daniel Bacchi, son arrière petit fils met à la disposition du public une partie de ce travail et organise de multiples rendez-vous culturels dans cet espace champêtre cerné par un jardin remarquable.
Durant l’occupation la famille Charpentier a accueilli clandestinement le chef départemental de la Résistance , Maurice Clavel alias Sinclair, et Silvia Montfort son agent de liaison. Alors que des officiers allemands occupaient une partie de la villa, Sinclair continuait depuis une des chambres à coordonner les FFI afin de préparer l’attaque de la garnison allemande de Nogent le Rotrou début aout 1944. La villa reçut clandestinement des résistants venus chercher des consignes au milieu de soldats se reposant dans le parc.
Des juifs ont été cachés ici par la famille Charpentier plusieurs jours avant de continuer leur route vers une terre de liberté qu’ils n’atteindront jamais.
Lorsque l’aviation américaine lançât ses escadrilles sur l’Ouest de la France au moment du débarquement, plusieurs appareils furent touchés par la Flak allemande et s”écrasèrent dans la région. Quelques aviateurs rescapés, et parfois blessés, sont alors recueillis à la villa avant d’ètre pris en charge par les réseaux de résistance dont l’un était situé chez le boulanger Gouju de Chassant.
Malheureusement, ces réseaux de récupération d’aviateurs étaient infiltré par un agent de la Gestapo qui fût très actif pour capturer les soldats alliés et les livre à Buchenwald d’où peu revinrent.
Après la projection du film, une courte conférence évoquera le sort de James Laing (Jimmy) confronté à cette trahison.

Villa Charpentier à Chassant. Aout 1944. James Laing dans le parc de la villa.
Photo coll. Bacchi.
Cette projection est proposée par le CEDREL (Centre d’Etudes et de Documentation sur la Résistance et Eure et Loir)
Association 1901 : 2 rue de Verdun 28250 SENONCHES. Tel 06 80 05 28 07
site Internet : association-cedrel.fr
En présence du réalisateur Durée du documentaire : 1 Heure 30
Entrée libre. Mini conférence sur l’hébergement ici, de l’aviateur US James Laing et son arrestation par la Gestapo, informée par un traitre.
Comme chaque année, le CEDREL appelle ses adhérents et sympathisants à se déplacer pour honorer les morts de la Résistance du département d’Eure et Loir.
Ces commémorations marquent notre volonté de faire vivre la mémoire de ceux qui ont donné leurs vies pour que le pays soit libre et débarrassé des nazis qui l’occupaient depuis 1940.
Plusieurs de ces manifestations du souvenir existent depuis 1946 et méritent d’être entretenues dans la présence des jeunes générations qui s’associent au souvenir commun.
Après la commémoration du 1er mai à Lèves (Champ de tir de Chavannes) où plusieurs résistants furent exécutés par les Allemands, les prochaines dates sont consultables auprès des communes qui sont les organisatrices de ces réunions du souvenir.
Date annuelle d’hommage à Jean Moulin : le 17 juin
En 2026, comme à l’accoutumée, la commune de Saint Georges sur Eure organise un rassemblement d’hommages à la Taye, dans le lieu même où Jean Moulin fût détenu et frappé par les officiers allemands le 17 juin 1940 car il refusait, en tant que Préfet d’Eure et Loir, de signer un parjure certifiant que l’Armée Française et ses bataillons coloniaux étaient responsables des massacres de civils en juin 1940.
Réunion à La Taye : mercredi 17 juin à 17h30 pour cet hommage à Jean Moulin.
Parmi d’autres dates voici quelques rendez-vous autour du 15 aout 2026 :
Morvilliers : dimanche 16 aout à 10 heures (RDV au Château du Gland ) pour les 3 FFI fusillés.
Neuville les Bois : mardi 11 aout, 11 heures (RDV stèle du hameau), pour les 10 victimes FFI. Puis cortège au cimetière de Chataincourt avant de se retrouver en mairie.
Escorpain : autour du 11 aout pour honorer J.M Le Bozec et G. Nicolas fusillés là par les Allemands
Autres RDV selon les infos des communes que l’on peut solliciter.
VENEZ NOMBREUX pour participer à ces hommages républicains .
La publication du livre concernant le 1er Bataillon de marche d’Eure et Loir attire les communes et les librairies du département pour organiser des rencontres de lecteurs avec l’auteur.
Cet ouvrage traite de la conversion de 650 résistants en soldats de l’Armée nouvelle constituée dès la Libération pour garnir les casernes avec de nouvelles troupes françaises.
Passer de l’action clandestine à une structure rigide en recomposition va créer, chez ces jeunes hommes qui découvrent l’armée et ses codes, des difficultés d’adaptation et des rancœurs.
Elles ne seront pas masquées par la mission attribuée au Bataillon de rejoindre les Poches de l’Atlantique début 1945 pour y combattre des dizaines de milliers d’Allemands retranchés dans les centaines de blockhaus du Mur de l’Atlantique.
Ils seront vaincus et désarmés par ces résistants de l’ombre qui agissent sous l’uniforme français.
De Gaulle obtiendra ainsi cette victoire française sur le territoire français par des troupes françaises de plus de 100 000 FFI soutenus un temps par la 2ème DB de Leclerc. Cela lui permettra de prétendre à une place sur le banc au coté des Alliés vainqueurs du nazisme.
Venez échanger avec l’Auteur :
**** LE SALON DU LIVRE DE MAINTENON EST ANNULE ET REPORTE A L’AUTOMNE DU FAIT DE LA METEO
**** CHARTRES : Librairie l’Esperluète le vendredi 3 juillet à 18 heures

**** THIRON GARDAIS : cloitre de l’Abbatiale, le 14 juillet 10h-18h


Comme chaque année, le Comité du souvenir du Camp d’internement de Voves et Etienne Egret, son secrétaire mémoire, organisent cette visite du camp. On pourra y voir l’entrée souterraine du fameux tunnel qui permit à 42 détenus de s’évader et rejoindre les rangs de la résistance.
Le wagon-musée présente les objets fabriqués par les prisonniers pour s’évader comme de nombreux documents expliquant comment des détenus ont pu s’organiser clandestinement et se former en vue de leur libération obtenue par eux-mêmes.
Une belle visite du souvenir à faire en famille
Dans ce secteur agricole, entre Thymerais et Drouais, s’est épanoui un des deux plus gros groupes de résistance rurale d’Eure et Loir.
Initié par un belge installé en France depuis des années, ce groupe a commencé modestement en 1940 à contester la présence allemande dans la région. Mais il a fallu près d’un an pour qu’un cultivateur et un responsable industriel puissent se reconnaitre l’un, l’autre dans une idée simple : refuser la présence allemande et agir pour cela.
3 ans plus tard, au moment du débarquement allié, les résistants de ce groupe, portant le nom de “Secteur Nord” autour de Clévilliers, se comptaient 450 engagés sur un territoire de 41 communes.
La stricte organisation de ces clandestins, en 8 sous groupes commandés chacun par un officier, a attiré l’attention des Alliés qui cherchaient à développer les liaisons entre la France occupée et la Grand Bretagne. S’appuyant sur ce groupe encore embryonnaire en 1942, les Alliés ( S.O.E britannique et B.C.R.A. gaulliste) ont testé son efficacité pour la mise en place du réseau de parachutages destinés à la résistance de Paris puis des groupes d’Eure et Loir et environs. 35 à 40 opérations de parachutages s’y dérouleront entre mars 1943 et août 1944.
La réussite de cette vaste opération doit à la présence incontournable de 3 responsables que sont Ginette Jullian la radio, André Gagnon l’organisateur et Jules Divers le combattant.



Autour de ces trois pivots de la résistance locale de Clévilliers, c’est toute une organisation qui s’est mise en place durant des années et dont le point de départ est fixé par Jean Moulin lui-même en 1940 à Chartres où il exerce son mandat de Préfet de l’Eure et Loir.

Le département est occupé depuis juin 1940 et est soumis, comme tout le territoire national, à la convention d’armistice signée entre Pétain et Hitler .
En conséquence, tous les services administratifs que ce soient la gendarmerie ou les pompiers, y compris le Préfet et ses collaborateurs sont tenus d’appliquer toutes les décisions des Allemands.
Jean Moulin a fait le choix de rester en poste, malgré les brutalités qu’il a subi en juin de la part des officiers allemands, et cherche à trouver les moyens de s’opposer aux occupants ou, du moins, à ralentir leurs mesures coercitives contre la population. Mais il sait aussi que l’avenir du pays sera très sombre si les Français ne réagissent pas contre cette situation d’occupation.
C’est ainsi que le Préfet Moulin remarque que le commissaire de police Charles Porte, proche de Jean Decote, le chef de cabinet préfectoral, pourrait partager cette idée de préparer l’avenir en s’organisant avec des personnes sûres. Porte essaie effectivement de construire un noyau de futurs résistants chartrains. A ce titre et disposant de nombreux contacts il est en mesure de constituer un pôle d’attractivité pour les patriotes chartrains volontaires.
En 1942, Decote est limogé par le Préfet collaborationniste Lebaube et assigné à résidence en Seine et Oise. Lors de son départ, sur le quai de la gare de Chartres, Charles Porte lui communique son soutien de manière évidente alors que le commissaire est chargé par Lebaube de s’assurer du départ du fonctionnaire.
Il y a un témoin de la scène : il s’agit de André Gagnon, célèbre coureur cycliste chartrain et vendeur de vélos. Avec le “Vélo sport chartrain” son club, il a tissé un réseau de relations personnelles sur un grande partie du département, réseau qu’il met au service de l’embryon de résistance constitué par la SFIO dont il est membre.
A ce titre, il est intervenu plusieurs fois avec succès auprès de Jean Decote pour obtenir de l’information sur les prétentions allemandes et pour tenter de protéger des citoyens visés par la répression. C’est pour cela qu’il assiste au départ du fonctionnaire et c’est à cette occasion qu’il remarque des liens secrets entre Porte et Decote.
Gagnon saisira l’occasion peu de temps après pour solliciter, avec succès, le commissaire afin d’obtenir des papiers pour des soldats français recherchés après leur évasion des camps locaux.
Un lien est ainsi créé entre le militant socialiste et le commissaire en poste sous l’Occupation. Ce sera ce lien qu’on retrouve peu après dans la préparation du premier parachutage en Eure et Loir à Meslay le Grenet.



A Londres, Jean Moulin, qui a rejoint De Gaulle en 1941, est chargé de mettre sur pied une organisation permettant les parachutages en France occupée à l’instar du SOAM, le service installé en zone sud qui permet les communications et les livraisons de matériel anglais aux groupes de résistance.
Pour la zone Nord, étroitement surveillée par les Allemands, la partie n’est pas gagnée d’avance. L’un des premiers objectif de Jean Moulin est de fournir des postes de radio émetteurs récepteurs en nombre pour la résistance parisienne qui doit construire ce réseau de communications clandestin avec Londres.
Jean Ayral a été désigné sous le nom de code “PAL” pour conduire cette opération vitale pour la résistance.
C’est l’un des premiers à avoir rejoint Londres en 1940 et il a acquis une bonne expérience des manipulations radio lors de sa formation réalisée conjointement avec, entre autres, François Briant (Pal W) qui sera son radio.
Les deux hommes sont parachutés en France non occupée avec Daniel Cordier, futur secrétaire de Jean Moulin, le 27 juillet 1942. Ils rejoignent la région lyonnaise où ils retrouvent Jean Moulin.

Jean AYRAL
Pour atteindre l’objectif de fournir des postes de radio aux résistants parisiens, Ayral cherche à établir des contacts avec les premiers résistants dans une zone peu éloignée de Paris et pas trop surveillée par les Allemands. Il faut aussi contacter des éléments sûrs pour la mise en place d’un réseau qui sera permanent.
L’Eure et Loir parait bien répondre à ces critères, mais se pose le problème des hommes chargés de ces taches lourdes: repérer des terrains de parachutages, mobiliser des équipes pour réceptionner, stocker et distribuer sous contrôle les armes et le matériel livré.
Ayral reçoit de Jean Moulin l’idée du contact à Chartres avec Charles Porte qu’il a connu quand il était Préfet. Mais “un commissaire” en poste sous Pierre Lebaube, préfet aux ordres des Allemands, cela fait bondir Jean Ayral qui se voit sèchement recadré par Jean Moulin lui assénant : ” c’est Mon commissaire”. Il est vrai que cela peut surprendre de recommander un fonctionnaire de police exécutant les ordres du Préfet de la collaboration, ordres fixés en fait par les Allemands. Porte sera chargé d’ailleurs, de l’arrestation d’une dizaine de militants communistes dont 4 furent fusillés à Chavannes à coté de Lèves le 30 avril 1942, après la tentative d’incendie de la librairie allemande de Chartres. Lors de leur détention, certains dénonceront, par le témoignage de leurs familles, la brutalité du traitement réservé par le commissaire et son adjoint.
La préparation du parachutage
La mission confiée à Jean Ayral (PAL) nécessite une phase d’essai sur le terrain et il faut trouver pour cela une équipe sûre et peu nombreuse. Ayral décide de superviser le test du premier parachutage en étant présent sur le terrain.
Ayant sollicité André Gagnon et mettant à profit la recommandation de Jean Moulin vis à vis de Charles Porte, Ayral doit désormais recruter des bras locaux pour assurer le succès de l’opération.
C’est le groupe embryonnaire de Clévilliers, dirigé par Jules Divers, qui correspond le mieux à la demande. Commencés en 1940 à titre individuel, les actes de résistances de Jules Divers ont évolués vers la constitution d’un noyau des quelques ruraux dans cette partie de l’Eure et Loir.
Comme souvent ce sont les liens familiaux qui permettent l’élargissement du groupe initial vers une taille suffisante.
Il apparait ainsi que Paul Rougeaux, cultivateur, est le lien qui relie d’autres membres de sa famille avec Max Lebois notamment. Il apprendra après ce parachutage qu’un des deux agents reçus une autre nuit à Clévilliers (terrain Ane) n’est autre que son beau frère Dumont (René) formé à Londres, et porteur du grade de colonel du réseau Armand Spiritualist Buckmaster.
Sur “Bison” avec Rougeaux et Lebois il y a aussi Pierre Chantard, maire de Clévilliers, Alcide Manceau, maire de Meslay le Grenet et Charles Porte autour de Jean Ayral et de André Gagnon , son fils Maurice, son gendre Casalis et François Gilbert, employé agricole de Manceau.
Cette équipe a rendez vous fin février sur le terrain nommé Bison et pour lequel la phrase code (“du soldat de plomb à la flèche, ce soir nous chasserons le bison”) est passée trois fois dans la journée sur la radio anglaise BBC. Ce terrain proche de Chartres , a obtenu l’homologation du BCRA gaulliste et l’accord du S.O.E. anglais à Londres.
Mais la météo n’est pas favorable et la nuit froide passée dans le champ prévu n’a pas découragé l’équipe qui se retrouve un mois plus tard ,lors de la nouvelle lune éclairant le sol du terrain Bison.
Le 23 mars 1943 le ciel nocturne de Meslay le Grenet livre 8 containers et 2 agents (J.F. Le Gac et L.Tomé) suspendus aux parachutes éjectés par l’avion Halifax. Un parachute ne sera pas retrouvé ni son contenu ; une voisine le signalera à la Gendarmerie.
Les parachutes sont prestement enfouis dans le terrain (dont l’aspect initial est restauré par sécurité) et le contenu des lourds cylindres d’acier est stocké chez André Gagnon à Chartres. Il s’agit surtout d’une série de postes de radio émetteurs/récepteurs destiné à Paris pour créer un réseau de communication directe avec le BCRA.
Jean Moulin, revenu clandestinement en France occupée, utilisera ce réseau.
Le succès de cette première opération de parachutage en Eure et Loir sera souligné par Jean Ayral dans son rapport remis au BCRA et permettra de créer le Bureau des Opérations Aériennes (BOA) en Eure et Loir, service qui est confié à André Gagnon lequel assurera la réussite de près de 40 parachutages ultérieurs sur ce département.
Lorsque Ginette Jullian sera opérationnelle comme radio en juillet 1944 et, jusqu’à la libération de l’Eure et Loir en aout, le réseau de communications comme l’organisation des réceptions de parachutages, de stockages des armes et de leur répartition entre les groupes résistants sera très efficace et coordonné en vue des derniers combats contre les occupants allemands.
Pour aller plus loin : voir l’article sur “Meslay le Grenet” et celui sur “le secteur Nord” dans ce site.
Autour de cet évènement historique du premier parachutage en Eure et Loir le 23 mars 1943 et de la trentaine qui ont suivi, le CEDREL, en partenariat avec un groupe d’habitants du secteur de Clévilliers mené par le petit fils de Pierre Chantard (maire de Clévilliers sous l’Occupation)et une association de radios amateurs, a proposé expo et conférences aux dizaines de visiteurs des 9 et 10 mai 2026 au Boulay d’Achères.




Depuis deux ans, le CEDREL ,en lien avec un professeur d’Histoire du collège de Senonches, a établi un programme-mémoire avec les collégiens de 3ème.
A partir de séances en salle, basées sur un questionnaire et des présentations audio-visuelles, les élèves sont conduits à s’organiser en binôme et à choisir un thème de leurs recherches parmi les sujets divers liés à l’occupation et la Résistance : Jean Moulin, les parachutages, les Juifs, les combats nocturnes, le renseignement ou encore les femmes et leur rôle dans la résistance, etc, etc.
Une série de visites sur le terrain a concerné 42 élèves qui ont pu apprécier sur place les conditions de l’activité clandestine de ces jeunes maquisards de Plainville, Crucey ou la Ferté Vidame.
Que ce soit au pont de Magny, au Château Blanc ou au dépôt de munitions de Senonches, l’histoire a été décryptée dans le détail par des membres du CEDREL.

Les collégiens ont pu ainsi découvrir comment de simples explosifs (appelés des “crottins”) judicieusement placés sur le pont de Magny (commune des Chatelets) pouvaient bloquer des convois militaires allemands et les rendre vulnérables ainsi à la chasse aérienne alliée en 1944.
D’autres aspects plus sordides ont été commentés devant le Château Blanc à la Ferté Vidame qui fût le siège de la Orts Kommandantur et dont les caves ont servies de locaux d’interrogatoires musclés contre les jeunes résistants et aussi des civils raflés au hasard.
A Senonches, où la forêt abritait les “Camp des espagnols”, c’est à dire l’endroit où 200 de ces ressortissants, fournis par Pétain pour servir de main d’œuvre aux Allemands, ont été obligés de travailler aux missions dangereuses de manutention des explosifs, il reste des vestiges de leurs baraques en bois bordant la zone interdite aux civils.
Ces leçons grandeur nature ont été appréciées par les élèves qui découvrent ainsi que tout proche de leur collège, l’histoire de l’occupation perdure.

Pancarte d’origine indiquant la direction du camp de munitions aux convois allemands venus faire le plein d’essence et de d’obus avant de rejoindre le Front de Normandie créé par le débarquement allié du 6 juin 1944.
La commune de Maintenon accueillera le CEDREL pour une projection du film “Résister en Eure et Loir” en ce jour férié de la victoire des Alliés sur le régime nazi.
La résistance d’Eure et Loir a pris toute sa place dans ce combat qui s’est conclu il y a 82 ans. Dans les conditions difficiles de la clandestinité, nombre de femmes et d’hommes ont porté l’honneur de la France sous le joug allemand durant ces 4 années noires.
Au moment de fêter la Libération par les armées alliées, traversant les villages du département en direction de Paris, les résistants n’ont pas oublié leurs camarades – il y en eu une centaine – tombés sous les balles allemandes dans les combats ou au pied du poteau d’exécution.
C’est une des missions de ce documentaire afin de témoigner des ces combats clandestins et de l’engagement de simples citoyens qui refusaient l’aliénation de leur pays occupé.
Une quinzaine d’entre eux apporte ainsi un éclairage direct sur ces missions clandestines allant des parachutages d’armes aux réseaux de renseignement pour les Alliés en passant par les combats nocturnes et les sabotages.

Jeudi 26 mars 2026
De 14:30 à 16:30
Agenda Auditorium Lycée Rotrou
5 Rue des Marchebeaux
28100 Dreux
02 37 50 15 49
Accueil à partir de 14h00
Le mur de l’Atlantique par Albert HUDE, président du CEDREL
La séance a débutée par la projection du documentaire ” Le mur de l’Atlantique”.
Ce film présentait les conditions imposées par l’Allemagne nazie aux populations françaises et étrangères pour construire cet ouvrage gigantesque destiné à empêcher la libération du pays par les Alliés s’ils envisageaient de débarquer sur nos côtes.
Comment a-t-il été construit ? Comment a-t-il été financé ? Ces questions furent, parmi celles évoquées après la projection, suivies par cette interrogation proposée à la centaine de spectateurs : Et vous, quels auraient vos choix durant l’Occupation ?
Les échanges avec la salle ont donc portés sur la notion de choix : quels étaient-ils sous l’occupation pour les Français (collaboration, résistance, attentisme, …)
Derrière les anecdotes familiales révélées par plusieurs spectateurs, la question de la caractérisation des faits de résistance s’est imposée. Comment qualifier certains faits liés au refus d’accepter les occupants ? Etaient-ce toujours des faits de résistance ?
Comment qualifier la résistance ?

Pour aller plus loin dans cette réflexion, il faut aller chercher dans le site du CEDREL les textes traitant plus en profondeur cette question , notamment la conférence intitulée : Qu’est-ce que la résistance ?
Une conférence, tenue à Courville sur Eure le 8 mai 2025, avait évoqué la publication d’un livre sur ce sujet méconnu.
Plusieurs parcours de résistants devenus soldats en fin 1944 y sont décrits, passant du maquis à la caserne et découvrant une guerre “au grand jour” contre de puissantes force allemandes jusqu’alors totalement invisibles lors des attaques nocturnes de la résistance.
Commande possible via la fiche “Contacts” port en sus.

Ce livre est disponible et on peut le commander par la fiche Contact de ce site.
Par une belle journée d’hiver, 42 collégiens de Senonches, accompagnés de leur professeur d’histoire et du CEDREL, se sont rendus en car dans ce lieu stratégique du Pont de Magny.
Ici, durant l’occupation, se déroulèrent des attaques nocturnes du Maquis de Crucey-Brezolles contre les convois allemands qui circulaient uniquement de nuit pour éviter les bombardements de la chasse aérienne alliée.
La vingtaine de maquisards inaugurera ces attaques juste le lendemain du débarquement du 6 juin 1944 ayant été pourvus de matériel militaires parachutés de suite dans la région.
Le pont, sur lequel passaient obligatoirement les Allemands, est très étroit. Si un véhicule est bloqué dessus, tout le convoi s’arrête. C’est pour cela qu’il fût choisi comme objectif stratégique par le Maquis qui s’organisât en conséquence avec plusieurs tireurs au FM postés alentour et qui étaient chargés “d’arroser” les soldats bloqués avant de prendre la fuite à travers champs.
Les détails de cette stratégie ont été communiqués aux élèves sur place afin de comprendre concrètement l’action des maquisards face à un ennemi nettement supérieur en hommes et en armes.
Une stratégie payante au vu des victimes allemandes, de leurs véhicules endommagés par les “crottins”, sorte de petite explosifs ou détruits par des mines enfouies dans la chaussée.
La priorité pour les soldats était de dégager le pont très vite avant l’arrivée possible de la chasse alliée, quitte à basculer le véhicule atteint dans la rivière en faisant sauter le parapet.
La réunion annuelle de notre association s’est déroulée samedi 28 février 2026 dans la salle socio culturelle de la Ferté Vidame (derrière la Mairie, Parking) de 14 à 18 heures.
Voici le programme qui a réunit une cinquantaine d’adhérents et leurs invités :
Photo d’un ouvrage militaire allemand sur les “Poches de l’Atlantique” (Fort des Arros).

Cela s’est déroulé à l’espace Thierry-la-Fronde à Janville en Beauce le samedi 14 février 2026 à 15h30. Une expo, réalisée localement par Monsieur Delangle, a été présentée à cette occasion. Elle relate la période de l’occupation, de la Résistance et de la Libération de Janville et ses environs.

Le film du CEDREL, d’une durée de 1h30 et intitulé “Résister en Eure et Loir” a été projeté dans la belle salle commune du village devant une centaine de spectateurs de Janville et des villages environ. Outre l’expo et le film les échanges avec les spectateurs sur cette période ont complété l’après midi . Des livres avec dédicaces ont été présentés par le réalisateur du documentaire, également auteur spécialisé sur la résistance locale.
Une bien belle projection où chacun a appris pas mal d’anecdotes sur la résistance janvilloise animée par Jean Drogou et son jeune fils Jean au sein du groupe Narval dont le nom fût choisi en hommage à François Drogou le commandant du sous marin Narval qui rejoignit De Gaulle en 1940 et qui a sombré, touché par une mine peu de semaines après lors d’une mission.
L’expo a permis de découvrir- chose rare- un parachute spécial qui portait un pigeon voyageur avec son nid et son sac de graines dans une mission de communication entre Janville et la Grande Bretagne. Le pigeon, bien arrivé en France occupée, retourna en Angleterre avec un message bagué provenant de la Résistance.

