FARJON Roland

Nom de guerre :

Raoul, Dufor,Yves ,Desportes, Maxime

IL est né à Boulogne sur Mer le 2 février 1910.
C’est l’aîné d’une grande famille d’industriels du Nord dont le père est sénateur.
L’entreprise familiale est connue : c’est Baignol et Farjon qui fabrique , entre autres, les crayons de tous les écoliers de France.
Il devient officier de cavalerie à Saumur mais n’est pas présent lors du sacrifice des Cadets sur la Loire car il est fait prisonnier dans l’Est en 1940.
Sa famille, très influente le fait libérer en juin 41.

Farjon adhère au Parti Social Français de François de La Roque et publie une brochure anti-sémite.
Il adhère ensuite à l’OCM (organisation civile et militaire) qui fera partie du Conseil de la Résistance en 43. Il en devient le chef de la région A (Nord) et fait partie de l’état major avec le Colonel Touny (Langlois) comme chef.
Il organise des groupes OCM dans sa région en recrutant chefs d’entreprises, cadres publics,intellectuels et héritiers de grandes fortunes.
Il est domicilié à Paris 24 rue de Clichy dans le 17ème où il habite avec son agent de liaison Paul Royaux (Duval).
C’est un bon organisateur, courageux et infatigable. Il est respecté par les résistants sous ses ordres et par sa hiérarchie.
Mais il est aussi téméraire et imprudent avec un coté soudard et buveur.
Le 23 octobre 1943, il est arrêté dans un restaurant Rue Cognac Jay à Paris. Il a été repéré par un agent de la Gestapo que l’on reverra en Eure et Loir en 1944 (Jean Jacques Desoubrie).Le Général Verneau, présent aussi, est arrêté également lors de cette réunion secrète de l’ORA (Organisation de Résistance de l’Armée)
Il a sur lui une enveloppe de la poste avec son adresse secrète à Paris où la perquisition allemande va découvrir les listes de noms en clair de membres de l’OCM. Des dizaines d’arrestations vont suivre dont celle de Paul Royaud le 16 décembre 1943 square Montholon à Paris. Royaud, après son passage en prison à St Quentin puis à Lille sera confronté avec Farjon et sera fusillé le 23 février 1944 au fort de Bondues (nord).
Interrogé Avenue Foch par la Gestapo, il livre les noms de résistants qui,selon lui, ne risquent rien parce qu’en fuite ou clandestins.Il espère ainsi déjouer les interrogateurs allemands.
Farjon ne sera jamais torturé, tout au plus des menottes lui lient les mains derrière le dos la nuit dans sa prison.
En prison ,Farjon de se départit pas de sa bonne humeur. Il pourra transmettre des messages à sa femme et ses geôliers lui permettront même une rencontre avec elle en ville sous surveillance de la Gestapo.
De prison en prison (Fresnes, St Quentin, Amiens,Arras, Lille) il est suivi de près par l’unité GFP 716 du Docteur Schott, aidé par l’interprète Willy Moricke (Robert).Après deux jours d’interrogatoire le 7 février 44, il lâche plusieurs noms de l’état major de l’OCM pour, dira-t-il dans ses mémoires, protéger le chef (Colonel Touny); mais celui-ci sera arrêté 15 jours plus tard et fusillé.
La plupart des responsables de l’OCM qui ont été arrêtés ont été torturés avant l’exécution dans les fossés du fort de Bondues à Lille y compris Véra Obolensky (Vicky) secrétaire de l’OCM qui sera décapitée dans la prison de Plotensee. Vicky était domicilié à Rueil la Gadelière en Eure et Loir, son mari sera violemment torturé.
Farjon est transféré à Senlis au Château Beaulieu où il peut retrouver Jacques Henri Simon de l’OCM qui prépare son évasion.
Mais Simon est transféré et c’est un autre dirigeant de l’OCM qui arrive : Pierre Pène.
Le 9 juin 1944 Farjon et Pène s’évadent dans des conditions douteuses : prison peu gardée, lime et couteau disponibles, draps attachés aux fenêtres, etc…pour ces hauts dirigeants de la plus puissante organisation non communiste de la Résistance.

Après avoir rédigé une sorte de testament politique dans une chambre d’hôtel à Paris où il n’hésite pas à sortir et à prendre le métro alors que la police allemande le recherche (elle a aussi arrêté sa mère et sa femme), Farjon retourne voir la direction clandestine de l’OCM où Jacques Piette s’en débarrasse en l’envoyant à Fred Guézé (l’OCM de Dreux) qui le présentera à Sinclair (Maurice Clavel) chef départemental de la Résistance Eurélienne.

C’est une vieille connaissance à Sinclair car les familles sont liées et se connaissent et il veut lui donner la direction du département. Farjon, prudent, refuse et veut un commando de 10 hommes pour aller se battre en forêt de Senonches où se tient un formidable dépôt de munition fortement gardé.
Présenté par Sinclair à O’Neil dirigeant régional à Orléans, Farjon obtiendra non pas dix hommes mais la direction des groupes de Dreux, Crucey, Saulnières, et la Ferté Vidame c’est à dire tout le Nord du département d’Eure et Loir.
Or cette attribution ne respecte pas les consignes de Londres que O’Neil a reçu et dans le télégramme qu’il a encore en poche il est écrit: exécutez Farjon.
Sinclair donne à Farjon tous les détails de l’organisation de la Résistance dans le département : contacts, planques, parachutages, noms etc…
Seuls, les groupes FTP et le secteur Nord des FFI de Jules Divers ne seront pas sous la direction de Farjon sur cette moitié du département.

Déjà en contact avec Pierre July (Claude) dirigeant de Dreux, Farjon arrive à Crucey le 20 juin 44 et à La Ferté Vidame le 5 juillet. Bien accueilli dans le premier maquis, il est froidement reçu dans le deuxième mais tous ignorent le passé nordiste de Farjon.
Farjon sera à la tête de plusieurs actions militaires avec ces groupes de maquisards : attaque de convois, destruction du viaduc de Cherizy, de ponts de voies ferrées, parachutages , etc…
Il s’est constitué une sorte de garde personnelle avec Boby Vieljeux, André Barbot, François Grousseaud avec laquelle il fera la libération de Dreux et une tournée dans le Nord de la France où il sera mal accueilli après la Libération.

Il se suicide le 21 juillet 1945 et se jetant dans la Seine depuis la passerelle de St Cloud en banlieue parisienne .
Sa mort sera contestée durant des années jusqu’à une autopsie qui la confirmera malgré les rumeurs d’une cavale en Amérique latine.
Il laisse une lettre à sa femme sur sa tenue bien rangée sur le trottoir. Il avait été convoqué par la justice à Lille où des rescapés de la déportation avaient saisi le juge pour trahison.

Le 17 août 44, il prend le grade de commandant de l’administration civile de la ville de Dreux, ses fonctions militaires étant transférées. Après une tournée dans les 4 maquis il rejoint Chartres et avec Sinclair, organise la colonne Vallin qui monte libérer Paris avec un millier de résistants le 23 août 44.

De retour à Dreux où se forme le Premier Bataillon de Marche d’Eure et Loir à la caserne BILLY avec la majorité des résistants voulant intégrer l’Armée Nouvelle, Farjon participe à différentes opérations de maintien de l’ordre à Bourges et des missions de surveillance sur la Loire comme commandant du Bataillon.
Le 11 novembre 44 il défile avec le bataillon sur les Champs Elysées de Paris devant De Gaulle et Churchill et, le lendemain, il défile à Chartres.
Mais il laisse ce commandement du Bataillon à Antoine De Layre et ne sera pas dans les batailles des poches de l’Atlantique.
Le 30 janvier 45, il est nommé au 1er régiment de fusiliers marins et rejoint son affectation à Nice où il sera blessé par une mystérieuse grenade lancée par un inconnu alors que le conflit est calme dans le secteur.
Ce personnage restera controversé parmi les résistants du département, certains l’accusant d’avoir trahi tandis que d’autres soulignent son aimable comportement de camaraderie.

Le contact avec la famille est-il possible ? NON
Le CEDREL dispose-t-il d'un dossier plus complet ? OUI
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