
Fils d’un menuisier habitant la Grande Rue à Maintenon, Francis fût naturellement dirigé vers ce métier manuel. Il devint, après ses études chartraines à l’Ecole de dessin, apprenti chez un sculpteur sur bois renommé.
A l’école, il avait noué des relations amicales avec plusieurs jeunes de la famille Sadorge dont Jacqueline qui deviendra sa femme. Les Sadorge l’emmenait souvent dans la région de Hanches où se tenait la ferme familiale à 6 km de Maintenon. Là il fit la connaissance d’Omer, Noé et Roger Sadorge les trois fils de René qui était l’oncle des Sadorge de Maintenon.
Toute cette équipe nouera des liens d’amitié solides durant toutes ces années avant-guerre. Deux mariages sont envisagés : celui de Francis Fermine avec Jacqueline Sadorge et celui de Noé avec Thérèse une jeune fille de Hanches.
En attendant Francis est mobilisé en 1934 dans un régiment de zouaves stationné en Algérie. Ses galons de caporal lui font envisager une carrière militaire mais le mariage avec Jacqueline en 1936 le ramène à son métier de sculpteur dont il acquiert une certaine célébrité dans l’entreprise Belsague de Rambouillet.
Tous ces jeunes hommes sont mobilisés en 1939 sauf Noé qui fût réformé pour l’absence d’un doigt de la main.
De retour à la maison après la défaite, Francis Fermine et les Sadorge s’interrogent sur leur avenir immédiat. Francis veut rejoindre l’Angleterre mais cela ne se fera pas. Il se trouve employé chez un cultivateur de Ouerre où il a un premier contact avec la résistance en 1943. Commence alors les distributions de tracts et les tentatives de constitution de groupes à Chaudon et Villemeux.
Fermine devient un des chefs de la résistance proche des communistes. Il passera rapidement à la clandestinité.
Ce résistant, membre du Front National, responsable des FTP de la région de Maintenon et Nogent le Roi fût également recensé comme membre du groupe important des Chaises à Clévilliers, groupe dirigé par Jules Divers proche de Libé-Nord quoique indépendant.
En développant ses contacts et en formant de nouveaux groupes qui intégreront les Sadorge, Fermine peut bénéficier des armements parachutés dans le secteur de Clévilliers. Les attentats contre les pylônes électriques, les transports d’armes et les combats d’escarmouche deviennent son quotidien.
Le 14 octobre 1943 alors qu’il vient embrasser de nuit son épouse, il est arrêté par les Allemands dans le cadre d’une vaste opération de ratissage (Voir fiche de Raymond Hélix).
Une cinquantaine de résistants FTP et CND sont emprisonnés. Dans le groupe de Fermine, ils sont 17 à être transférés à Orléans puis Paris où la libération de la capitale leur permettra de recouvrer la liberté.
Au contraire, 31 autres résistants seront conduits par les Allemands au Mont Valérien où ils sont tous fusillés le 30 mars 1944.
Cette différence de traitement, qui s’expliquera après guerre par des arguties de procédure, font naitre l’idée qu’il y a eu trahison et que parmi les résistants saufs il y a eu un traitre désigné comme étant Francis Fermine.
Lors d’un procès spectaculaire à Orléans en 1945, le commissaire du gouvernement de la France libérée Larrieux innocentera Fermine. Mais ce jugement n’est pas accepté par les Sadorge de Hanches dont trois ont été fusillés le 30 mars 1944. Une expédition est montée par Thérèse Sadorge, veuve de Noé, avec les frères Polvé. En 1946 ils font prisonniers Fermine et sa femme et finalement Francis est abattu dans une cave de Seine et Oise. Jacqueline, sa femme, est ligotée et abandonnée après le meurtre de son mari. Des remords viendront décider Polvé à signaler sa présence pour éviter un nouveau décès et elle sera délivrée.
Après ces évènements deux femmes s’affronteront devant le tribunal qui jugera du meurtre avec enlèvement : Jacqueline Fermine née Sadorge épouse de Francis et Thérèse Sadorge épouse de Noé. Les condamnations relativement légères concluront ce triste épisode de l’après résistance.