GARDEBLED Raymond

Nom de guerre :

Trompe la Mort, Georges

IL est né le 24 mars 1909 à Rosario de Santa Fé (Argentine)et possédera un parcours militaire important avant même de rejoindre la Résistance Eurélienne. Son père s’appelle Emile et sa mère Maria Barras, une descendante du Conventionnel Paul de Barras du Directoire. Les parents refusent de le faire baptiser ce qui est incongru dans ce pays.
Le père a été militaire dans l’armée coloniale française en Chine.
Installés en Argentine où ils exploitent une grande propriété, ils auront deux autres enfants : Germaine et Marcelle.
Après quelques échecs la famille revient à Paris où Raymond fréquentera l’école publique de la Rue des Haies dans le 20 ème. La guerre de 14-18 a éclaté et le père est mobilisé.
Le 1er mars 1922, il a 13 ans et embauche pour son premier emploi chez un quincaillier qui a son atelier dans la rue des Haies.
La famille éclate avec le départ du père et Raymond passe son CAP et change de travail. Le sport l’intéresse mais il faut de l’argent. Il choisit d’être marathonien, cela ne lui coûte q’une paire de chaussures.
En 1927, il s’entraîne au stade de la Porte d’Ivry et participe à des courses de 50 à 100 km portant souvent le coq tricolore comme coureur sélectionné.
1930, il est appelé au service militaire à Metz et rejoint la caserne à contre cœur et accumule les sanctions.
Il est antimilitariste et pacifiste et obtient par stratagème, d’être renvoyé dans ses foyers.
De retour à Paris, il assiste à la montée des groupes fascistes et aux manifestations violentes de l’extrême droite.
Début 1937, il décide de s’engager pour l’Espagne Républicaine.

En 1937 il est sur le front espagnol à la Huesca,ou Teruel avec les républicains qui tentent d’empêcher Franco de renverser la république élue démocratiquement. Dans les brigades internationales, il croise des combattants de plusieurs pays qui ne parlent pas la même langue mais qui se fondent dans les groupes de combattants.
Il sera blessé plusieurs fois et accomplira des missions suicides d’où il revient toujours d’où son nom de guerre :”Trompe la Mort”. Il est tantôt tireur sur la mitrailleuse Hotchkiss , tantôt transporteur d’explosifs sur les routes soumises au feu ennemi. C’est un rude combattant qui constate les divisions politiques entre les factions de la République et qui le laisse à l’écart du parti communiste ou des anarchistes.
Le dimanche 4 juillet 1937, il débarque à Marseille après la défaite de Barcelone.
Après un bref séjour à Toulon où la police cherche les déserteurs républicains, il rejoint Paris et se marie avec Gitla Leszcz une étrangère susceptible d’être expulsée. Ce mariage blanc deviendra bien réel jusqu’en 1964.

La guerre devient occupation à Paris et Raymond Gardebled qui a refusé de s’engager en 39 se trouve bloqué comme tous les civils et soumis à la pénurie. Il est licencié lorsque son patron part en exode et se retrouve sans le sou.
Son fils Gilbert naît en juillet 1940.
Les rafles des juifs se multiplient et R.Gardebled veut agir. Des juives voisines de son logement parisien lui demandent de convoyer leurs 4 enfants juifs à Verneuil sur Avre pour les cacher. Il accepte et réussit cette mission de sauvetage.
Il s’engage de plus en plus:
Sabotage de la fabrication des chaines de roulage construites dans son usine de Neuilly Plaisance en 1942.
Distribution de tracts anti-allemands
Mais le 29 janvier 1943 il est réquisitionné pour partir en Allemagne au titre du STO. Affecté à une usine de sous-marins au delà de Brème comme électricien il noue des contacts avec des français et participe à la transmission de renseignements pour la Résistance.Les sabotages de matériels se multiplient.
Le 2 juillet 1943 il obtient une permission pour rentrer à Paris, il est devenu communiste et ne reviendra pas en Allemagne.

A Paris une ancienne amie lui confie une adresse en Eure et Loir pour se cacher et il arrive à Auneau puis à Aunainville où il retrouve femme et fils.
Employé comme ouvrier agricole il cherche des contacts pour intégrer les FTP et en octobre 43 le contact est établi : Raymond Gardebled devient Georges matricule 2020 chez les FTP.
Les clandestins sont organisés en triangle, chacun ne connaissant que deux noms de l’organisation.
Les sabotages de lignes téléphoniques et électriques se multiplient la nuit comme les déboulonnages de voies ferrées.
Ses qualités militaires apprises en Espagne le font désigner comme chef du groupe Kléber par Fernand le chef départemental(Armand Relaut).
Les coups de main vont continuer jusqu’au débarquement de juin 44 et le 10 août son groupe comme tous les autres groupes de résistants en France reçoit l’ordre d’apparaître au grand jour pour attaquer les Allemands.
Chartres sera libérée vers le 20 août, mais en attendant les Américains, des patrouilles de résistants opèrent en Beauce pour arrêter les soldats isolés.
Avec Auguste Delacotte, Raymond Gardebled est à Orsonville dans une maison de garde barrière lorsque les soldats encerclent la maisonnette du PN 26 qui les a accueillis .Le hameau est perquisitionné mais la maison n’est pas visitée par les soldats très bien armés et nombreux.
Les Allemands cherchent les clandestins qui les ont attaqués toute la journée en faisant 17 morts parmi eux. Ils ne trouveront pas les deux résistants.
Le 14 août il est nommé sous-lieutenant FFI chef de détachement.

Après la libération de Chartres le 23 août, un gendarme se présente à R.Gardebled et exige qu’on lui remette toutes les armes du groupe Kléber. Refus de Gardebled qui répond que tant qu’il y aura des soldats allemands en France il restera un combattant armé.
Cette consigne du gendarme vient directement de Sinclair (Maurice Clavel) qui a décidé de désarmer une partie des résistants d’Auneau après que ceux-ci aient contesté son autorité et ses décisions lors du combat de la Cavée de Luisant où deux de leurs chefs de groupes ont été tués au combat après un ordre contestable de Sinclair.
Après la libération il intégrera le Premier bataillon de Marche d’Eure et loir le 15 septembre 1944 et combattra sur le front des poches de l’Atlantique à Royan et la Pointe de Grave jusqu’en Avril 1945 où il sera gravement blessé.

Il est décédé le 4 mai 2017 à Paris.
Son petit fils ,Rémi,lui a consacré un livre.

Médaille militaire
Croix de guerre avec étoile de bronze
Médaille des combattants volontaires
Croix des Combattants
Médaille engagés volontaires FFI et FTP
Médaille des réfractaires au STO
Chevalier du mérite National

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