LEGER Georges

Nom de guerre :

Paul

Georges Léger est né le 23 mai 1910 à Aglancourt en Maine et Loire.
Il habite en 1942 à St Martin de Nigelles proche de Maintenon.
Il a une sœur, Marie Louise Gauthier,qui est impliquée aussi dans la résistance.

Georges Léger dit « Paul » est entré dans la résistance le 10 janvier 1942 au groupement FN-FTP en tant que chef départemental artificier.
Il sera sous les ordres du commandant Roquet à partir du 19 janvier 1943 et fera partie dès cette date des FFI. Paul est donc un précurseur qui s’engage très tôt dans la lutte antinazie. Il signe comme d’autres l’engagement au FTP sous le n° 1805 et le nom de guerre de Paul.
Au printemps 1943 il dirige le secteur avec Jean Cabaret (responsable militaire) après les arrestations de Paul Legrand et Jean Cormier.

Recherché par la Gestapo dans le secteur de Saint Martin de Nigelles, il doit se méfier d’un certain Laillé, milicien et secrétaire départemental du Parti Populaire Français de Jacques Doriot.

Un soldat allemand avait été tué par quatre balles de deux revolvers à Néron et la Gestapo cherche les coupables, aidée par le commissaire Denuzières. Un faux ménage est dépêché dans la région et se lie de proche en proche avec des contacts de la résistance. Jules René Varin, le chef local se méfie de ce couple qui fouine de Villiers le Morhier à Saint Martin de Nigelles mais finit par les placer en observation chez Savouré militant communiste convaincu.

Le 30 novembre Cortez Y Varga collaborateur de la Gestapo parvient à se faire accepter chez Savouré qui lui propose d’entrer dans la résistance.
Sa concubine prévient Cortez que les allemands préparent des arrestations à Droué sur Drouette et il décide de se rendre à la Gestapo de Chartres le 4 décembre pour dénoncer les résistants de Saint Martin de Nigelles. Il est lui-même soumis à l’interrogatoire de Denuzières et des services allemands avant d’être écroué à la prison militaire et de rejoindre la déportation ensuite.

Quelques jours se passent pour permettre aux autres informateurs des allemands de terminer leur sale travail et de se mette à l’abri, car il y en a plusieurs autres dans le secteur de Saint Martin de Nigelles et l’action répressive démarre.
Le 8 décembre, intervention en force des Allemands qui cernent le village. Ils détiennent une liste de noms et se rendent à leurs adresses. Coups de feu, perquisitions musclées pillage et frappes s’enchaînent. Denuzières est présent au milieu des soldats qui arrêteront 25 personnes regroupées au café du bourg. Plusieurs résistants découvrent alors que certains de leurs voisins étaient dans la même organisation qu’eux.

Marie Louise, la sœur de « Paul » se souvient de la perquisition en pleine nuit. Les Allemands ne trouvent rien de compromettant car les documents et les armes ont été bien cachés ; certains papiers dans les ourlets des rideaux.
Cependant, elle est arrêtée et amenée à Chartres avec trois autres femmes et vingt et un hommes que les soldats ont réunis au café Ruin. Ces vingt-cinq personnes font partie du groupe de résistance locale. Après un trajet en car prévu à l’avance par les Allemands, ils sont menottés dans le dos et doivent rester ainsi debout pendant des heures tandis que les gifles pleuvent.
Marie Louise écope d’un mois de prison rue des Lisses à Chartres et s’obstinera à déclarer qu’elle n’a aucune nouvelle de son frère.
Apparemment, les Allemands étaient très bien renseignés car les arrestations ont fait mouche : le groupe de résistance de Saint Martin de Nigelles est détruit.
Plusieurs militants FTP sont condamnés à mort. D’autres sont libérés tandis que les arrestations se multiplient dans la région de Maintenon : vingt et une personnes arrêtées dont les trois Sadorge (Pierre, Noé, Omer) qui seront également fusillés. Plusieurs résistants seront déportés à Buchenwald dont deux qui y périront.
-Seront fusillés au Mont Valérien : outre les Sadorge, Pierre Bouttier, René Legall, Maurice Peltiez, Louis Savouré
– Seront fusillés à d’autres endroits : Paul Esperet, Maurice Dumais et le groupe Saint Martin
– Seront déportés : Henri Baillods, Adolphe Blanchon, Emile Moriceau
– Seront incarcérés à Chartres : Marie-Louise Gautier et Paulette Gaudy
Il s’agit de la plus grosse opération de liquidation des maquisards d’Eure et Loir. Ce sont les FTP qui paient ce lourd tribut du fait de leurs actions militaires et de sabotages dès 1941. Après la deuxième opération de ratissage à Saint Martin de Nigelles le 14 décembre et les arrestations opérées dans la région de Maintenon, Epernon, Eglancourt et Saint Luperce, jusqu’à Bonneval ce sont 120 à 140 résistants qui seront arrêtés en trois mois, tous des FTP.

Paul est passé au travers du filet tendu par la Gestapo mais celle-ci est tenace. Le 18 décembre 1943, deux pylônes sautent à Luisant et Paul est dénoncé par Roger Calbris (22 ans) de Maintenon (arrêté le 27 décembre après un autre attentat), pour lui avoir fourni les explosifs le 13 décembre 1943.

Le 21 janvier 1944, Paul est en réunion chez Esperet à Courville avec Jean Fromageau lorsque les Allemands investissent la maison. Esperet est arrêté et sera fusillé tandis que Paul et Fromageau plongent dans l’eau glacée de l’Eure et parviennent à s’échapper.
Paul est dans le collimateur de la Gestapo et doit changer d’urgence de secteur et c’est dans le groupe FTP de Nonancourt qu’il sera affecté fin janvier 1944 où il est logé chez M. Lucas, fermier à Saint Germain sur Avre. Nonancourt est situé dans l’Eure mais la rivière Avre une fois traversée, on est en Eure et Loir et vers Dampierre sur Avre.
Le groupe de Maintenon démantelé, Georges Léger qui a échappé aux arrestations regroupe les rescapés ainsi que ceux d’Ezy sur Eure qui ont aussi souffert de la répression anti-maquis. Robert Le Ledan chef du groupe de Nonancourt a été déporté et John Watson Smith du réseau Hunter a été assassiné à Hellanvilliers.
Paul a des contacts avec le maquis de Crucey où il pourra se procurer des armes Le 8 août il est dans les bois de Prudemanche avec son groupe lorsque Raymond DIVE lui livre le matériel.

Les survivants de Maintenon et Ezy sur Eure créent le groupe Vigny du nom d’un chef FTP d’Ezy fusillé. Lorsque Paul arrive dans le Nord du département avec les rescapés, il trouve la résistance déjà bien organisée entre Nonancourt et Dampierre sur Avre.
Dès 1940, un groupe s’était constitué et avait réussi progressivement à organiser des cellules de renseignements très cloisonnées, transmettant des informations de toutes natures par des réseaux individuels.
Le Comité clandestin de Résistance à Nonancourt fût composé de membres des FTPF, Libé Nord et des FFL (service renseignement) auxquels s’est adjoint un Centre de Renseignement affilié au réseau Hunter Nord.
Un groupe d’action Eure-Sud complétera le dispositif au début de 1944.
Cet ensemble se répartit les tâches diverses : liaisons, renseignements, armes et munitions, sabotages, réfractaires STO, maquis, FFI, aviateurs alliés, action civile.
Les unités FFI et Renseignements sont très cloisonnées, le reste étant pris en charge indifféremment. Le rayon d’action est vaste puisqu’il part d’EZY sur Eure en passant par DREUX et VERNEUIL sur Avre jusqu’à ORBEC (Calvados).

Le groupe de Nonancourt est en contact avec Paris, Dreux, Ivry la Bataille, Evreux, Damville, Verneuil et Crucey-Brezolles. Mais les fournitures d’armes ne purent être effectuées par parachutages sur les terrains préparés à cause de la proximité des avions de chasse nazis.

Après les arrestations au sein du groupe, Paul reconstitue un groupe FTP sous le commandement de Michel Nivelt et opérera sur Dampierre, Saint Lubin de Cravant et Tillières. Le responsable des opérations est Jean Cutuil et Georges Meyer, réfractaire STO exécute des missions de renseignement sur les passages de trains allemands lors de son travail au chemin de fer comme auxiliaire de voie.
Parmi les membres de son groupe on trouve le facteur Roger Clause, Claude Duluc (Bois Renault), Jean Bic, Georges Aubry, Camille Heraclyte et Boutraps un Russe échappé d’un camp de prisonniers. Sont aussi présents, André Mithouard, Albert Quintard, Jean Julio, Guy Damier, Joseph Gle, Roger et Jean Lagaugerie ainsi que d’autres.
Ce groupe important a pour mission de harceler les troupes allemandes qui montant vers le front de Normandie et créer ainsi les conditions d’une insécurité dans les rangs des soldats qui redoutent plus que tout les « terroristes ».
Les armes ont été fournies par Dive et Vauchey de Crucey-Brezolles et transportées par la carriole de M. Morin aux Brouillets. Le maquis s’installe au lieu dit La Chapelle du Gué et le 10 août 1944 une première attaque de trois maquisards fait deux morts parmi les SS qui allaient à pied à Nonancourt.
Comme dans toute l’Eure et Loir et l’Eure la consigne est de frapper fort :
– 10 août ,2 allemands sont tués au Bois Renault, le groupe est encerclé à Brouille et le facteur Clause organise une sortie pour les maquisards
– 13 août à Tillières 2 allemands tués entre l’Hostellerie et le Rousset
– le 14, trois autres sont faits prisonniers au pont de Breux et leurs armes récupérées
– le 15 se déroule une bataille importante à Dampierre où PAUL sera tué comme plusieurs SS
-les 16 et 17 août les maquisards attaquent une autochenille à Fessanvilliers qui sera récupérée avec un camion-atelier.
Vers le 21 août 1944 le groupe CUTUIL continuera son action de renseignements sur EVREUX toujours occupée tandis que Nonancourt et Dampierre sur Avre étaient libérées.

IL est mort au combat le 15 août 1944 dans la cote d’Illou vers Dampierre sur Avre.

LA MORT DE PAUL

Le 15 août le groupe décide de déloger trois guetteurs allemands qui surveillent la route en permanence à partir d’une petite maison en haut de la côte de Dampierre. Les maquisards encerclent le poste de surveillance et demandent en allemand la reddition des soldats. Des coups de feu éclatent en guise de réponse et un Allemand perd la vie au combat, les autres s’enfuient.
De retour au maquis, les résistants décident alors une autre attaque avec tout le groupe contre les quinze à vingt Allemands qui gardent le pont d’Ilou. Un éclaireur est envoyé en reconnaissance et découvre trois soldats cachés dans le virage de la côte d’Illou. Deux groupes FTP sont formés sous la direction de Paul et de Cutuil. Clause est du groupe Cutuil qui attaque avec six hommes les trois SS et les éliminent.
Clause part ensuite en éclaireur et tombe sur deux autres SS. Alors que sa mitraillette est enrayée il se laisse tomber sur la route et à plat vendre, essaie de dégager le chargeur de la Sten. Mais la mitraillette ne fonctionne toujours pas et Clause part en direction d’Ilou à toutes jambes tandis que les deux SS tirent sur lui. En face de lui, dix soldats SS montent la côte et lui barrent le passage et il se jette au fossé.
Mais un Allemand aperçoit ses chaussures qui dépassent du fourré et il est arrêté et désarmé. Interrogé sur la route, il tente de bluffer. Les soldats le conduisent alors vers un cadavre de résistant qu’ils viennent de tuer pour savoir s’il le connaît et c’est là que Clause voit le corps de Paul abattu. Les Allemands introduisent un nouveau chargeur dans la Sten de Clause et mitraillent à bout portant le corps sans vie du maquisard.
A la faveur d’une inattention de ses gardes, Clause plonge dans les épines non sans avoir désarmé son gardien debout sur la route. Les vêtements et la peau déchirée par les ronces, le facteur réussira à s’échapper et viendra confirmer la mort de Georges Léger dit Paul le 15 août 1944 à Illou

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