LEREAU Henri

Il est né à St Victor de Buthon le 25 février 1919.
son enfance se déroule sans problème particulier mais devenu jeune homme il a une obsession : conduire une automobile.
Il passera deux fois son permis après s’être entraîné à travers champs sur un véhicule industriel dont la fonction était de réparer les pylônes électriques.
Ce permis tant souhaité lui sera d’une très grande utilité durant l’occupation.

Le 6ème régiment du Génie l’accueille en 39 au moment de la déclaration de guerre avec l’Allemagne. Il apprend à manier les explosifs et les détonateurs. Survient la mobilisation pour la bataille de Narvik en Norvège et son régiment fait partie du voyage sur un cargo en avril 1940. Mais Henri est alité pour une rubéole et ne sera pas en mer lorsque le U-boat coulera le navire et presque tous ses compagnons.
Rétabli, il est en mission sur les ponts de la Loire pour les faire sauter et empêcher les Allemands d’avancer vers le sud. A Saumur, conduisant des officiers, il essuie des tirs de mitrailleuse et sous le feu il va poser ses explosifs sur les ponts.
Sur l’autre rive les cadets de Saumur se battent comme des lions avant de plier devant les soldats allemands qui ont traversé la Loire en barque.

Après avoir miné et fait sauté les Ponts de Cé, Henri se replie dans le hameau de St Paul le Bois avec les troupes françaises. Affecté aux cuisines et à la garde du poste il refuse les ordres de son officier qui veut déposer le armes et se rendre en bon ordre aux vainqueurs.
Il décide de partir en civil chez Mr Leguet à Martigné sur les conseils de son hôte de St Paul le Bois.
Tous ses compagnons d’armes prennent le chemin de l’Allemagne pour les 5 années suivantes.
Rentré en stop en Eure et Loir, il se fait démobiliser et trouve un emploi de chauffeur chez Mr Panier à La Loupe. Ce camion à gazogène est aussi utilisé pour des transports clandestins de denrées destinées à la population.
Mais les Allemands veulent aussi le camion et le réquisitionne avec le chauffeur pour des transports parfois jusqu’en zone interdite en Manche.
Henri sait comment mettre le camion en panne et ne s’en prive pas quelquefois.

Un jour il est requis pour transporter des draps et du charbon au château de La Fresnaye où le commandant du front Ouest, le général Karl Heinrich Von Stulpnagel doit venir participer à une partie de chasse au gros en forêt de Senonches.
Ayant appris le but de ce transport par son accompagnateur allemand, un vieux territorial en uniforme, Henri prend plaisir à rouler dans les nombreuses ornières des routes de l’époque , faisant rouler le charbon sur les draps
blancs.
Novembre 1942, il est appelé au service du travail allemand et reçoit sa feuille de route pour l’Allemagne, départ gare de l’Est à Paris.
Il doit passer une nuit à Paris et se souvient d’un ami qui a sa famille rue de Suez dans le 18ème. Il s’y rend et est accueilli par Gaétan Brice qui le dissuade de partir.
A la gare, le lendemain, il fait pointer son billet et traverse le train pour sortir à contre voie en vue de rejoindre Angers et se cacher chez Mr Vitré.

Il est devenu clandestin et les gendarmes le recherche chez sa mère qui leur montre un faux courrier où Henri se réjouit d’être arrivé en Allemagne.

Il travaille aux champs et de temps en temps détourne une pancarte ou deux pour gêner la circulation des occupants.

Puis il retourne à La Loupe avec son copain René Grignon (Loupiot) et ils avalent les km en vélo. On est en juin 44 et les américains ont débarqué; alors, Henri et Loupiot s’engagent dans la résistance.
A La Loupe, Henri connaît le vétérinaire Renauldon (Rhone) qui est déjà impliqué.
Ils réussissent à contacter Gabriel Herbelin (Duroc) qui veut regrouper des petites unités en un gros maquis à Plainville et Henri se retrouve à construire des cabanes devant les grottes pour abriter les dizaines de jeunes qui les rejoignent.
Il est affecté au groupe de Jean Stiez (Sixt) comme tireur au fusil mitrailleur. Son expérience des explosifs en fait un instructeur des recrues pour la pose de mines et de détonateurs.
Il conduit des attaques nocturnes et doit parfois courir rechercher les jeunes qui se sont enfuis lors des combats.
Il fait sauter le pont de Courtemiche et le pont de fonte, mais ils sont sans cesse réparés car les convois allemands sont vitaux sur cette ligne de chemin de fer en direction des plages de Normandie. Des civils sont requis pour garder les ponts de nuit et le maquis doit les neutraliser pour agir. Cela se passe assez bien avec les civils.
Parfois ce sont les parachutages de La Hurie qui le réclame pour trier les explosifs reçus dont les notices sont en anglais. Il faut être prudent avec les crayons allumeurs qui peuvent sectionner les doigts des non-avertis.

Henri en a assez des sorties nocturnes où il faut porter des charges lourdes à pied et de nuit sur des km. Il veut un camion et son chef Rhone lui répond” si tu en veut un, va le chercher”. C’est fait un matin à Manou ou un commando de 5 hommes dont Henri se poste près d’une pompe à eau et attaque un camion de 2 SS et 5 prisonniers africains. Les SS sont capturés avec le camion et les prisonniers libérés. Henri enfile une tenue SS et prend le volant. On est en plein jour et il faut traverser les postes de contrôle pour rejoindre Plainville. Tous le monde arrive à bon port où les SS prisonniers sont affectés aux corvées mais sous bonne garde.

Beaucoup d’autres missions se dérouleront avec Henri au volant sous l’uniforme ennemi. Une fois il a fallu se débarrasser d’un soldat accroché à la portière car Henri,qui ne parle pas un mot d’allemand, n’a pas su répondre aux questions de la sentinelle et a foncé à travers la troupe.

Lors de l’attaque de la garnison de Nogent le Rotrou par le maquis, Henri est chargé d’approvisionner les combattants en armes et munitions faisant la navette entre les grottes de Plainville et la ville sous le feu ennemi.
Après la libération de Nogent il devient chef du convoi de 4 camions qui fonce vers Chartres avec une centaine de combattants.
Il est affecté aux Trois ponts où se déroule une bataille sanglante qui ôte la vie à plusieurs maquisards.
Il veut aller sur Paris pour participer à sa libération mais ordre lui et donné de retourner à Nogent avec 3 camions pour charger des résistants et aller patrouiller sur la Loire à Beaugency. Le groupe ne trouvera aucun allemand là bas et rentrera bredouille à Nogent où Henri sera libre de reprendre la vie civile, ayant accompli sa part.

Henri ne s’engagera pas sous les drapeaux de l’armée nouvelle comme ses copains qui rejoignent le 1er bataillon de marche d’Eure et Loir à Dreux.
Il s’était donné comme objectif de chasser les Allemands hors de France et d’éviter d’en tuer un seul.
C’était chose faite et Henri retourne à son métier de chauffeur, cette fois pour les Cars Beaucerons.
Des années plus tard il sera un charpentier reconnu à la Ferté Vidame.

Henri est décédé le 25 février 2014 le jour même de ses 95 ans.
Le CEDREL(en formation) était présent à ses obsèques et a expliqué, sur demande de sa famille, le parcours d’Henri juste avant d’entrer au maquis de Plainville.

Médaille Militaire
Combattant volontaire de la Résistance
Croix de guerre

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