
Elle est née le 23 novembre 1908 à Dreux. Engagée dans les FTPF de Dreux elle fait partie des précurseurs de la Résistance à Dreux. Son domicile se situe 29 rue de la Clouterie à Chartres après la Libération.
A la déclaration de la 2ème Guerre Mondiale, Madeleine Roussel est employée à la Mairie de Dreux. Lors de l’occupation par les Allemands, elle travaille au bureau des réquisitions. Les occupants réquisitionnent toutes sortes de choses : vaisselle, réchauds électriques, voitures…
Madeleine Roussel a rejoint en novembre 1941 les F.T.P. (Francs-Tireurs et Partisans) comme agent de liaison. En questionnant certains soldats allemands, elle obtient des renseignements, notamment sur les unités et les effectifs de la base aérienne. Elle fait ainsi la connaissance d’un soldat qui, dans le civil, était ténor à l’opéra de Vienne, en Autriche.
Elle est obligée de prendre la clandestinité car elle a été repérée, son premier dénonciateur étant le maire de Dreux mis en place par le gouvernement de Vichy.
7 janvier 1943 : arrestation sur dénonciation et condamnation aux travaux forcés par le Tribunal Spécial de Paris.
15 janvier au 4 juin 1943 : prison de la Petite Roquette à Paris.
Du 4 au 15 juin 1943 de la prison de Fresnes, puis transfert à la centrale de Rennes.
16 mai 1944, départ de Rennes après avoir été remise aux SS.
Fort de Romainville jusqu’au 1er juin 1944.
6 juin 1944, c’est à Sarrebrück, en distribuant la soupe, que l’interprète leur apprend le débarquement des Alliés.
Arrivée le 15 juin 1944 au camp de Ravensbrück.
Arrivée le 22 juillet 1944 à Leipzig-Schönefeld pour travailler dans une usine fabriquant des douilles d’obus.
En février 1945, a entendu le bombardement de Dresde, cadenassée sous l’usine.
Le 13 avril 1945, évacuation, à pied, de Schönefeld à 3 heures du matin. Marche forcée jusqu’au lendemain à 6 heures.
Le 20 avril, c’est la débandade. Plus de colonne, plus de SS.
Recueillie le 21 avril 1945 par des prisonniers français du Stalag 4A.
Marche tous les jours jusqu’au 8 mai où elle apprend que « c’est fini… ».
Le 9 mai, marche encore toute la journée, les tirs continuent.
Le 10 mai, marche encore. Des camions américains viennent au-devant des prisonniers, mais les Américains ont demandé que ceux-ci continuent à avancer pour ne pas perdre de temps.
Arrivée à Paris, à l’Hôtel Lutétia, le 16 mai 1945. Recueillie par ses oncles et tantes qui la gardent 10 jours à Paris, car ils ne veulent pas que sa mère la voie dans cet état, jusqu’à ce que son futur mari qui est dans le secteur de Royan (1er bataillon d’Eure et Loir, issu de la Résistance) arrive en permission et l’emmène chez ses parents à Illiers en Beauce (Illiers-Combray de nos jours). Quand elle est retournée chez sa mère, à Dreux, celle-ci ne l’a pas reconnue et lui a dit « bonjour Madame ».
Madeleine Roussel et Marcel Martin se sont mariés le 20 août 1945.
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Madeleine Martin, lieutenant F.F.I., a été promue Chevalier de la Légion d’Honneur en date du 7 mai 1962 avec jouissance du 1er janvier 1961, puis Officier de la Légion d’Honneur par décret en date du 4 novembre 1982 pour faits de résistance. Insignes remis par le Général d’aviation Christienne, ancien du Groupe de bombardement Lorraine des Forces Aériennes Françaises Libres.
Depuis le 16 août 1989, jour anniversaire de la Libération de Dreux, une rue porte son nom, à deux pas de celle où elle est née, rue de Nuisement, et non loin de celle où elle habitait, rue Papavoine.
Photographie prise en mai 1945 devant chez son oncle Rue de la Roquette à Paris à son retour des camps. Habillée avec des vêtements trop grands et sales, tenus par de la ficelle, elle porte encore sa couverture roulée au bout de son bras.

Elle est décédée le 26 octobre 1986.