PORTE Charles

Nom de guerre :

Henry

Il est né le 25 novembre 1906 à Villeurbanne.
Il devient gardien de la Paix à Marseille à l’âge de 23 ans et obtient en 1937 le concours de commissaire de police.

Deux ans plus tard il est muté à Chartres où il rencontre le Préfet Jean Moulin. Dans cette période avant guerre, le Gouvernement français fait la chasse aux communistes dont le Parti applique les consignes de Moscou après le rapprochement du régime nazi avec l’Union Soviétique par le pacte Molotov-Ribbentrop.

Des listes de communistes sont établies par les Préfets et en Eure et loir, c’est Charles Porte qui en est chargé.
Le commissaire Porte ne cache pas son anticommunisme et applique avec zèle sa mission. Perquisitions et arrestations se multiplient.

Arrivé en juillet 40, il ne fréquente pas beaucoup le Préfet Moulin, mais il décèle chez celui-ci une intention patriotique pour un embryon de résistance locale.
Lorsque Jean Moulin est révoqué le 2 novembre par Vichy, Porte lui annonce qu’il a l’intention de le suivre mais il en est dissuadé par le Préfet qui lui conseille de rester en place et de regrouper quelques forces pour des actions futures contre l’occupant.

Avant de quitter Chartres le 16 novembre, Jean Moulin reçoit du commissaire Porte une fausse carte d’identité au nom de Joseph Mercier né à Péronne en 1896.

De son coté Porte noue des contacts avec plusieurs habitants qui s’investissent dans le noyau résistant : Acide Manceau, André Gagnon, Pierre Chautard, Jules Divers, etc…

Les contacts doivent permettre de créer une structure solide qui serait en capacité d’agir contre l’occupant le moment venu. Mais dans cette période préparatoire, intervient un évènement inattendu : les Allemands exigent du Préfet Le Baube l’arrestation des militants ayant tenté d’incendier une librairie allemande de Chartres en mars 1942.

Porte est chargé de l’enquête qui n’aboutit pas. Le Feldkommandant est furieux et exige des arrestations auprès du Préfet qui convoque Porte.

L’enquête est reprise avec diligence cette fois car la Préfecture a menacé de faire intervenir la brigade spéciale anti-communiste (SPAC) qui pourrait bien découvrir le noyau de résistants auquel Porte participe.

Une dizaine de militants communistes est arrêtée et 4 d’entre eux seront fusillés deux mois plus tard à Chavannes, d’autres seront déportés.
A partir de ce moment là, les militants communistes feront porter la responsabilité de ces faits sur le commissaire Porte alors que la décision résulte essentiellement des autorités allemandes d’exécuter des otages sortis des prisons après un attentat à Paris .

Porte devra prendre la clandestinité au printemps 1943 car les services de la Gestapo ont resserré leur filet autour du groupe de résistants chartrains. Il rejoint les équipes de Jean Moulin devenu le Chef de la résistance nationale, comme chargé de sa protection rapprochée.

Après la guerre, Charles Porte redoute les commandos communistes qui veulent lui faire payer l’affaire de la librairie chartraine et doit se maintenir en clandestinité jusqu’en 1949 où il sera réintégré dans la Police et réhabilité.

Porte est considéré comme le cofondateur du groupe de résistance Honneur de la Police dont une plaque commémorative a été apposée à la Brasserie Zimmer à Paris où se tenaient leurs réunions clandestines.

Il est nommé officier de la Légion d’Honneur et médaillé de la Résistance.

Il décède le 29 mai 1982 à Fréjus.

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