
Né le : 03.09.1914
à : Paris 12ème
Domicilié : 38 rue Rame – Paris 18ème
Profession : employé de bureau
Appartenance : Front National
Il est interné suivant un arrêté de la Préfecture de Police de Paris en date du 08.12.1940.
Il est arrêté le 05.12.1940 chez sa mère par deux inspecteurs de la police française.
Il arrive à Voves le 31.10.1942 en provenance de Rouillé (Vienne)
Il part de Voves le 06.05.1944 en s’évadant par le tunnel.
Henri Segal est le cadet d’une famille d’immigrés roumains arrivés en France en 1911. Employé de bureau à la maison Mettetal, Paris 4ème, il est membre du syndicat des employés, sans responsabilité, mais participe à l’occupation des bureaux lors des grèves de 1936. Dès 1933, il adhérait aux Jeunesses communistes et au PCF en 1934.
Pratiquant très jeune le sport dans le but de se fortifier, il prendra une licences dans plusieurs clubs, rejoignant la FST en 1932. Il devient secrétaire de “l’Olympique club athlétique de Paris” dans le 17ème arrondissement.
Il est arrêté suite à une distribution de tracts appelant la population à résister à l’occupant et soupçonné d’être en relation avec un dirigeant communiste d’un club sportif de Gennevilliers alros qu’il affirme n’avoir jamais appartenu à un groupement politique. Il avait constitué un noyau de résistance “sport libre” avec, entre autres, Auguste Delaune, au sein de la FSGT.
Après son arrestation il est conduit au commissariat d’Asnières (Hauts-de-Seine) avant d’être incarcéré le 08.12.1940 au dépôt (préfecture de police de Paris). Henri Segal est interné à Aincourt (Val-d’Oise) le 26.12.1940 (en compagnie d’Auguste Delaune), puis à Rouillé le 06.09.1941. Il est détenu dans le camp de Poitiers du 15 au 18.07.1942 en vue d’un transfert à Angers et vraisemblablement en Allemagne. L’opération finalement annulée, il retourne à Rouillé. Est transféré à Voves le 31.10.1942 en compagnie de 19 autres camarades (Henri Segal écrira 10, trajet effectué en train, menottés par deux).
A Voves, immatriculé 1304, il est détenu dans les baraques 26,28 puis 25.
Le 14.04.1943 il refuse de signer l’engagement d’honneur de se rallier au nouvel ordre social contre une libération.
A Voves, Henri remplace Louis Namy en tant que “recteurde l’université” à la demande de ce dernier (sans doute pris par d’autres activités clandestines) et donne (comme à Rouillé) des cours d’algèbre et de culture physique.
Le nouveau “recteur” estime à environ 650 à 750 inscrits à des cours multiples de différents niveaux dans la période où il est resté au camp. Il écrira plus tard dans son livre “Une vie c’est quoi ?” : Rouillé était une petite entreprise locale, Voves me semblait une grande usine urbaine”.
Henri est de la préparation et de l’évasion du tunnel. Affecté au creusement pendant une journée et ensuite en tant que guetteur.
Sa première planque est chez “papa” Paulmier à Vovette (commune de Theuville, canton de Voves). Il regagne Paris en compagnie de L. Perron et C. Siquoir et rejoint la direction des FUJP du secteur est de la région parisienne en tant que responsable de la sécurité des résistants et la sûreté des locaux utilisés, jusqu’en août 1944. Puis est, jusqu’à la libération, responsable des FUJP en liaison avec le FN pour le secteur nord de la Seine-et-Marne pour les contacts et distributions de tracts (à Dammartin-en-Goële…).
La paix revenue Henri Segal reprendra ses diverses activités au sein de la FSGT jusqu’en 1970.
Henri Segal écrira que la vue d’un drapeau à croix gammée accrochée à l’hôtel de ville de Paris lui était inusupportable. Réflexion expliquant sans doute son engagement.
Il était un ami proche de Francis Lemarque (1917-2002), auteur-compositeur-interprète poète de la chanson française.
Henri se marie avec Fanny, rescapée d’Auschwitz, à la mairie du 18ème arrondissement de Paris. Mariage célébré par le maire Odilon Arrighi ancien interné de Voves. Louis Dolly, également ancien interné du camp de Voves, officie en tant que maire pour le mariage de Sylvie, fille d’Henri, en 1975 à la mairie de Villejuif.
Le titre d'”Interné politique” a été attribué à Henri Segal en février 1955 alors que celui d'”Interné résistant” lui a été refusé.
La médaille des évadés lui est décernée en 1986.
Décédé le 27.05.2011 à Paris 11ème
Source : Comité du Souvenir de Voves