VERMEIR Pierre

Ce résistant exécuté en août 44 avait été oublié de la mémoire collective et notamment après le massacre du 11 août 44 à Neuville les Bois.
Lors d’une conférence du CEDREL,à Senonches, une retraitée de la ville d’Antony, spécialiste de la libération de sa ville en 1944 est venue demander si dans nos archives on avait traces de ce jeune homme disparu dans notre région au moment de la libération et qui serait inhumé au cimetière de DREUX.
Une rue d’Antony porte son nom mais toutes les recherches sont restées vaines quand à la destinée de ce jeune homme.

Après une année de recherches, le CEDREL a pu reconstituer son parcours grâce à un témoin encore en vie. Une cérémonie avec pose d’une plaque aux monuments aux Morts de
St Ange et Torçay a comblé cet oubli devant des élus locaux et départementaux en janvier 2019.

Pierre VERMEIR est né à Antony le 23 août 1925.
Fils d’Henri Vermeir et son épouse Marie-Jeanne Petit

Il habite avec ses parents à ANTONY (92) rue de l’Aunette, son père est cordonnier.

Né en 1925, il sera très probablement appelé à partir en Allemagne au STO en 1944 quant il atteint l’âge de 19 ans. Il décide de partir se cacher à Maillebois (28) rue Hubert Latham, dans une longère (ancienne ferme) qui appartient à son oncle Edmond VERMEIR, frère de son père.

Edmond VERMEIR est industriel à Dreux, boulevard Saint Martin où il dirige une entreprise de fabrication de chaussures (Usine Flageolet) réquisitionnée par la Wehrmacht ce qui lui vaudra quelques soucis avec la Résistance lors de l’épuration à la libération du département.

Pierre se lie d’amitié avec d’autres jeunes gens de Maillebois dont Jean PASDELOUP fils du maire et qui a rejoint les rangs de la résistance avec son frère Pierre au sein d’un groupe du maquis de Saulnières dirigé par Adrien LOUVEL, réfugié du Tréport et qui a été militaire en 1940.

Pierre VERMEIR arrivé sur le tard dans ce groupe de résistance vers fin juillet ou début août 44, ne figure pas dans les effectifs du maquis de Saulnières tels qu’ils ressortent des listes établies par Jean PASDELOUP.

Le 11 aout 44, alors que deux groupes du maquis de Saulnières s’apprêtent à attaquer une compagnie SS de la 9ème panzer Hohenstauffen à Neuville les bois en fin d’après-midi, un troisième groupe ignoré des deux précédents (commandés par Marcel Chesneau d’une part et par Charles Taupin d’autre part) se trouve caché à Boutaincourt dans un grenier probablement de la ferme de la famille Confais autre dirigeant de la résistance locale.

Pierre VERMEIR et Jean PASDELOUP sont dans ce grenier quand, vers 14 ou 15 heures, on aperçoit des sentinelles allemandes qui se postent autour du carrefour devant la planque. PASDELOUP propose alors à son chef LOUVEL de sortir discrètement « deux par deux » en laissant les armes sur place et de fuir vers les champs environnants.

Une quinzaine de maquisards sort ainsi de la planque et se répartit dans la nature sans dégâts. Le groupe ne participera pas à l’attaque de Neuville les bois dans la soirée.
Pasdeloup et Vermeir partent les derniers car Jean Pasdeloup connait bien les lieux et ils se dirigent à travers les blés vers Saulnières.

Arrivés à l’entrée du village vers le cimetière et la mare qui le jouxte, une moto allemande surgit et deux soldats se jettent sur les deux jeunes qui ne sont pas armés. Pasdeloup arrive à se dégager de son assaillant et à fuir par un chemin connu de lui derrière l’église mais Vermeir est pris par les soldats.

Jean Pasdeloup ira se cacher et apprendra plus tard l’attaque de Neuville les Bois. La libération intervient avec les américains le 15 août et peu de temps après un habitant de TORCAY vient demander à Mr Pasdeloup père, le maire de Maillebois, si quelqu’un peut venir identifier un corps retrouvé dans un chemin proche d’un bois à Torçay.

Jean Pasdeloup se rend sur place et reconnaît le corps de Pierre Vermeir grâce à ses vêtements car son visage est méconnaissable du fait de tortures ignobles.
Il apprendra par la suite qu’un ou deux jours après son arrestation, Pierre Vermeir a été exhibé sur la place du monument aux morts de Fontaines les Ribouts, à genou et mains sur sa tête ensanglantée selon les villageois.

Une cérémonie aura lieu le 18 ou 20 août 44 à l’église de Maillebois et le corps de Pierre Vermeir sera accompagné par une délégation du maquis au cimetière de DREUX où il reposera le 22 août 44 dans le caveau familial comportant la mention « Mort pour la France ».
Le nom de Pierre Vermeir ne figure sur aucune stèle des villages de Chataincourt (Neuville les bois), Saint Ange et Torçay ou Maillebois. Ce sont ces trois lieux qui ont été le théâtre de l’activité et de la mort de Pierre Vermeir.
Sa tombe est entretenue par Alain Vermeir né en 1941 et petit-fils d’Edmond, l’oncle de Pierre qui l’avait caché dans sa longère de Maillebois.
A Antony, la rue de l’Aunette a été renommée rue Pierre Vermeir par décision du Conseil Municipal du 30 mars 1945.
Contacté par le CEDREL, Alain Vermeir soutient notre initiative de demander que le nom de son petit cousin germain soit porté sur les stèles dédiées à la résistance locale. Il est prêt à se déplacer, à témoigner de l’histoire familiale et à participer aux commémorations éventuelles.
Une demande de reconnaissance officielle a été formulée par le Président du Centre d’Etudes et de Documentation sur la Résistance en Eure et Loir (C.E.D.R.E.L.) auprès de Monsieur Pierre COLSON directeur de l’ONAC-VG 28.

Pierre Vermeir serait décédé autour du 14 août 1944 à TORCAY (28).

Le contact avec la famille est-il possible ? OUI
Le CEDREL dispose-t-il d'un dossier plus complet ? OUI
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