15 août 2019 à Morvilliers

   • LIEU : Clairière du chateau du Gland à Morvilliers
  • DATE DE L'INTERVENTION : 15 aout 2019
   • PARTENAIRE(S) : Communes alentour et associations d'anciens combattants

Le 9 aout 1944 un groupe de 5 hommes du maquis de la Ferté Vidame attaque un véhicule allemand au fusil mitrailleur en plein jour, suivant les consignes de Londres. Deux allemands sont tués dont un officier, secrétaire de la Kommandantur.

Alors que le cœur du maquis est situé aux Pleins et dans les maisons de Mary Thibault qui abritent les Roussel, les Haincourt, les Corgnet, les trois jeunes en sus de la famille Thibault et ses deux fils aînés, le commando choisit d’attaquer à quelques centaines de mètres de ces habitations dont la Kommandantur possède déjà des informations sur leurs résidants.

Les SS opèrent des perquisitions dans toutes les fermes autour du lieu de l’attaque et se saisissent de 3 maquisards.

Marcel Bravo, Jean Rousseau et Georges Collet sont conduits à pied par les SS au château du Gland, résidence du major allemand et non à la Kommandantur de La Ferté Vidame.

Apparemment les Allemands veulent faire parler tout de suite leurs prisonniers. Le château du Gland sur la route de Beauche est proche de Morvilliers et du bois de Malassis. C’est une grande maison bourgeoise entourée d’un parc assez grand clos par de hauts murs. Un pavillon de gardien abrite le jardinier Duval à l’entrée du château. Un bâtiment des remises où sont rangés les véhicules au rez de chaussée et avec de petites pièces à l’étage est situé sur la gauche en entrant dans la cour.

Au fond, à l’arrière de la maison de maître, est situé un ensemble de communs pour le personnel de service qui compte une dizaine d’employés à côté du chenil et des écuries.

Immédiatement les tortionnaires se « mettent au travail » sur les jeunes maquisards qui sont atrocement torturés au feu, probablement dans les pièces au-dessus des remises qui comportent des cheminées. Les trois sœurs Reversé qui habitent au Gland pendant leur service entendent une bonne partie de la nuit les cris de douleur des martyrs.

Que veulent savoir les nazis ? D’abord où se cache Mary Thibault l’insaisissable chef local de la Résistance et sûrement aussi des détails sur le réseau de résistance les noms, les adresses, les dépôts d’armes, etc…

Toutes ces informations ne sont pas connues des prisonniers qui sont de jeunes recrues sans expérience militaire et, qu’en raison des règles de sécurité imposées au maquis, ne peuvent leur avoir été données.

M. Joseph Lefebure, propriétaire et habitant le château du Gland intervient longuement auprès du major allemand, Anton Schifferer, pour sauver la vie des trois jeunes. Il plaide leur jeunesse, leur innocence dans l’attaque de Malassis et souligne qu’ils ont compris leur erreur d’être au maquis, mais ce ne sont pas des assassins. M. Lefebure connaît un peu le major qu’il loge depuis des mois chez lui et qui se comporte très correctement avec lui est ses employés. Mais le commandant allemand reste inflexible car il veut donner un exemple aux résistants du secteur.

Jean Rousseau est fusillé le premier le 11 août 1944 après avoir creusé lui-même sa tombe sous la contrainte et les coups dans la clairière du parc dominée par un grand chêne.

Cette première exécution doit accroître la pression sur les deux autres maquisards qui creusent également leurs tombes. Elles sont disposées en étoile autour du chêne dominant une petite clairière où M. Lefebure fera dresser une stèle.

Les SS continuent de torturer les prisonniers et conduisent l’un d’eux, encadré par 5 soldats qui le frappent, au café de Morvilliers pour confronter Marcel Bravo à son père qui tient le café. Bien que le gros chien blanc de la maison fait la fête à Marcel les deux hommes affirment ne pas se connaître et Bravo est ensuite conduit au Haut Chevrier chez Avisse car les soldats SS ont trouvé sur lui un courrier anodin de sa patronne. Toujours à pied Il retourne ensuite au supplice au château du Gland où il retrouve Georges Collet.

Ils sont fusillés le 12 au même endroit que Jean Rousseau et leur sépulture est vite recouverte.

                                       Ils avaient 20 ans.

Après la guerre, le docteur Jorel examinera les dépouilles de ces hommes et confirmera l’exécution et les tortures par le feu.

Chaque année, les communes alentour et les associations d’anciens combattants organisent une commémoration à laquelle le CEDREL est associé. En 2019 notre association a présidé la cérémonie sur les lieux de l’exécution et a rappelé les faits ayant conduit à ce massacre.

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