
Texte en format réduit de la Conférence tenue le 8 mai 2025 à Courville sur Eure :
Dans la bataille des Poches de l’Atlantique
1°) Situation politico-militaire de la France, Automne 44
2°) Etat de la Résistance
3°) formation des Bataillons
4°) les 3 Poches : Royan, Pointe de Grave, Oléron
5°) Après la victoire, l’Est, les casernes, la démobilisation
Dissolution du régiment le 1er septembre 1945
Royan
Les allemands
Ville occupée avec 250 blockhaus et 400 bunkers 560 nids de mitrailleuses plus 450 groupes de Panzerfaust , Armée dirigée par Hartwig Pohlman depuis le 1 er juin 1944.
Elément du Mur de l’Atlantique : 3 gros ouvrages cuirassés et la Flak 999.
Renfort de 560 marins allemands (Bataillon Tirpitz) sur la rivière Seudre.
Soit 3400 combattants pour 5000 soldats et un territoire de 180 000 mines plus 35 000 antichars. Leur ravitaillement est assuré par des coups de main.
Le commandant de Royan est le contre-amiral Michaelles.
Les FFI composent, seuls, l’armée française.
Entre 9000 et 11 000 combattants des maquis du sud-ouest, mal équipés, mal armés, mal formés au combat classique. Ils portent le brassard FFI et risquent la déportation. Essence et munitions manquent, comme le sanitaire.
Les civils ont quitté la ville par centaines mais il en reste encore 4000 à évacuer par Saujon gare, début 45.
Henri Adeline de l’armée au maquis et à nouveau l’armée.
Le général de Larminat a été nommé chef du front Ouest (Lorient à Bordeaux) en octobre 44.
Un fidèle, campagne d’Afrique du nord, débarquement de Provence. Il dispose d’une flotte avec 2 croiseurs et d’avions américains.
Son mandat : gagner sans discuter. D’où des opérations couteuses en vies humaines pour les FFI (90 avant la bataille frontale)
Opération indépendance : Reprendre Royan par 50 000 soldats de la 2ème DB et la 1ère DFL prélevées sur l’Alsace 25 novembre 44 mais les Ardennes…
Les FFI se rassemblent jusqu’à 60 000 hommes pour attaquer la ville.
Opération annulée et reportée au 10 janvier 45, mais le plan de bombardement est inchangé. Maitre d’œuvre : le général US Royce qui considère que les civils de Royan seraient des collabos…Et il faut un terrain d’entrainement pour les recrues sur bombardiers.
Négociation Larminat/Royce : se limiter à bombarder Pte de Grave et de la Coubre. Ordre est donné par Royce pour le 4 janvier 45. Mais au-delà…la ville est visée par deux vagues de nuit : 1600 T et 14 T incendiaires par 400 Lancaster Bilan : 442 morts, 500 blessés soit la moitié des civils et 47 allemands.
Les Allemands aident les civils (hopitaux, nourriture, pompiers), colonne de secours négociée avec les FFI, trève entre Meyer et Michaelles ,etc . ville détruite à 90% . Survivants évacués par train à Saujon (un millier).
Opération Vénérable reprendre Royan
A compter du 26 mars et jusqu’au 16 avril.
Les FFI 28 sont dans le 3ème bataillon du 131ème RI, le Bataillon de marche a été dissous le 3 décembre 1944. Tous sont devenus soldats. Sous la direction d’Antoine De Layre (Farjon), et sous commandement du Lt-Colonel Durand plus tard.
Visages du maquis :…..
13 février : montée au front pour eux, caserne de Luçon.
23 février montée en ligne à Marans du 131ème et 3 autres régiments entre Royan et Pointe de Grave. Toute la zone est ciblée par les Français (Oléron, La Rochelle, Verdon, Arvert…)
Attaque du 1er mars et 1ère victoire, plusieurs escarmouches ensuite mais plusieurs tués et prisonniers à Marans.
5 avril Raynaud remplace De Layre au 3ème bataillon. 200 chars Sherman pilotés par des français se positionnent au Chay.
13 avril , la Division Gironde, attaque générale des Français 24000 sur Royan 7000 sur Oléron. Bombardements (8000 T) et 10000 obus (Marine française)
14-15 avril 800 bombardiers au napalm
Déminage, nombreux tués. Postes allemands enfoncés, pénétration dans Royan.
Traversée des marais et surprise des Allemands. Nouveau Bombardement sur la Coubre. Village des Matthes libéré.
Michaelles blockhaus de Pontaillac, 4 canons de 420, tirs de 25 km. Va se rendre avec 100 hommes suivis par 800 allemands.
Bilan 480 tués, 220 blessés et 4800 prisonniers.
Français : 154 tués, 700 blessés.
Fin de l’opération Vénérable. Le Napalm s’inscrit comme arme destructrice.
La Pointe de Grave
Royan conquis au prix de centaines de vies, il reste en face de l’estuaire de la Gironde La pointe de Grave te le fort des Arros.
Canons de 105, 188 et 280, centaines de blockhaus
Plan dessiné, photos, Les Huttes
Opération Médoc
FFI 28 embarque en gare de Saujon pour la Pointe de Grave de nuit. 17 avril.
19 avril petit matin Les Huttes et le fort des Arros Commandement par Durand Lt-Col.
Un groupe dégage l’accès de Soulac, et les FFI 28 doivent progresser sur la voie ferrée en tête de l’attaque.
En face, La Festung Gironde : 160 blockhaus,121 casemates, 4 batteries (75,105,152,164) et la 5ème avec 4 canons de 88 aux Huttes. Description Gardebled .
9 postes de FLAK, 600 soldats de la brigade Forteresse,2400 fusiliers-marins, 110 pièces d’artillerie de campagne : Total 4000 hommes.
Carte Pointe de grave.
Attaque des Arros ,18 avril 22h30, Commandant Raynaud chef des FFI 28. A peine 1 km feu de mitrailleuse patrouille touchée. Les compagnies (Didier, Jandin, Lavigne) montent à l’attaque et découvre le fort gigantesque : 18 blockhaus, 4 canons de 165, 2 de 77 et 8 mitrailleuses à 4 tubes sur tourelles et protégeant par la mer.
Par la terre les 88 et mitrailleuses (Gardebled).
Les chars Somua n’interviennent pas, ignorant où est l’artillerie allemande.
Les français avancent à pied sous les tirs de l’artillerie, nombreux tués et blessés (Jandin 3 fois soigné et retour au combat). Exploits individuels de Lavigne et Brice pour ramener les blessés.
Changement de tactique : les chars de Leclerc interviennent pour bloquer les Allemands sur la ligne de chemin de fer ce qui permet à 3 compagnies du régiment de déborder l’ennemi. A 20h30, le 19 avril 1945, le fort tombe.
90 tués ou blessés dans le 131ème dont beaucoup de FFI 28 (Paulmier, Sudre, Morize,etc)
200 allemands prisonniers avec le capitaine de corvette Bimbacher.
La Pointe de Grave comprend toujours des forces allemandes et le 20 avril le groupement Reverdy s’attaque au fort N°305 ; défendu furieusement.
Bombardement américain puis attaque au sol : corps à corps des sections Verdier et Bridoux victorieuses : 137 prisonniers. Fin de l’opération Médoc.
De Gaulle décore les hommes de troupe et les officiers, 22 avril 1945, pointe de Grave. Discours sur le bombardement « par erreur » de Royan.
Pour en finir, l’Opération Jupiter à Oléron.
C’est une opération amphibie, les barges de débarquement ont été modifiées pour accueillir des blindés à bord.75 barques motorosiées,24 landings craft, pinasses.
Les Français alignent 6 unités :
Les Fusiliers-marins de Rochefort, le 50ème RI, le 131ème de Durand, le 158ème, le 6ème bataillon de tirailleurs Nord africains et le corps franc Marin.
Cavalerie, et chars du 13ème dragon
Artillerie (75, 105,155)
Aviation : Dewoitines Spitfires et Fieselers allemands capturés.
Marine : le Dusquesne, les dragueurs de mines
Les résistants de l’Ile en nombre, guides et éclaireurs. Leur rôle fût très important car ils ont établi des cartes des positions ennemies et des champs de mines. De plus ils guident les arrivants et détruisent les lignes téléphoniques allemandes.
Attaque le 30 avril à 5 heures du matin par le sud de l’Ile.Tête de pont établie et à 7h30 toutes les troupes françaises sont sur place.
Prise de St Trojan, Château d’Oléron, Dolus puis St Pierre où la résistance allemande est forte (mitrailleuses lourdes, canons antichars de 77)
Obligation de faire intervenir l’aviation américaine et aussi les spitfires et les junkers.
De Larminat arrive pour clore la délivrance de l’Ile.
Attaque du PC allemand, 50 officiers prisonniers, fuite des autres vers Boyardville.
Graft von Schnitz se rend à Durand fin de l’opération Jupiter
18 français tués, cinquante blessés
1700 allemands prisonniers, 50 tués et 60 blessés.
Après la bataille des Poches de l’atlantique, quel destin ?
Aout 45 Le Bataillon est regroupé à Thionville, garde des prisonniers, certains partent en Indochine.
En septembre 45 dissolution du Bataillon. Retour au foyer pour les premiers engagés
Les guerres d’émancipation du colonialisme apparaissent.