Pierre Vermeir fusillé et oublié

   • LIEU : Monument aux Morts de St Ange et Torçay
  • DATE DE L'INTERVENTION : 11 janvier 2019
   • PARTENAIRE(S) : Commune, famille, élus
Pierre Vermeir au début de l’Occupation à Antony

  Hommage au résistant Pierre Vermeir, exécuté en 1944

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Le nom de Pierre Vermeir figure désormais sur le monument aux morts du Maquis pour lequel il s’est battu. Il est mort pour la France, exécuté par les allemands, autour du 14 août 1944, à Torçay, à 19 ans.

C’est en présence de son ami, Jean Pasdeloup, 95 ans, ancien résistant, habitant de Maillebois et dernier témoin des faits que Bernard Crabé, maire de Torçay, a honoré la mémoire du jeune homme.

« Fin juillet 1944, Pierre Vermeir, âgé de 19 ans, habite Antony (Hauts-de-Seine) avec ses parents. Inquiet à l’idée d’être astreint au STO (Service de Travail Obligatoire), il rejoint la maison de son oncle, Edmond Vermeir, à Maillebois. La maison est située face à celle de Jean Pasdeloup. Les deux hommes deviennent rapidement amis. Peu de temps après, Jean Pasdeloup le fait entrer dans le maquis de Saulnières.

Plusieurs faits d’armes sont à leur actif jusqu’à ce jour, du 11 août, où ils se retrouvent à une quinzaine de maquisards dans une ferme de Boutaincourt préparant une action contre une compagnie SS de la 9e Panzer Hohenstaufen qui avait réquisitionné une ferme à Neuville-les-Bois.

Apercevant des sentinelles allemandes venues se positionner aux alentours de la ferme, les maquisards estiment la situation dangereuse. Jean Pasdeloup propose alors à ses compagnons de sortir deux par deux pour rejoindre Saulnières en laissant les armes sur place. Jean Pasdeloup et Pierre Vermeir sortent les derniers, ils sont rattrapés à l’entrée du village par deux motards allemands. Il s’ensuit un corps à corps.

« J’ai réussi à m’échapper car l’allemand a attrapé mon pantalon qui s’est déchiré », précise Jean Pasdeloup qui s’enfuit par un petit chemin, derrière l’église, pour se cacher dans un champ d’épines jusqu’à la nuit où il peut enfin rentrer chez lui.

Pour Pierre Vermeir, les choses tournent mal. Maîtrisé par les allemands, il est amené à Fontaine-les-Ribouts où il est interrogé et mutilé. Il est ensuite exposé publiquement devant le monument aux Morts du village, les mains derrière le dos, le visage complétement déformé par les atrocités qu’il a endurées », raconte le maire.

Le 15 août, les américains délivrent la région. « Dans leur fuite, les SS avaient emmené avec eux Pierre Vermeir, mais par peur des représailles, ils l’exécutèrent dans un petit chemin, à la sortie de Torçay, en direction de Blévy.

C’est le père de Jean Pasdeloup, alors maire de Maillebois qui fut appelé à reconnaître le corps de Pierre Vermeir, identifiable grâce au foulard qu’il portait autour du cou, son visage étant méconnaissable », poursuivait Bernard Crabé. Le 18 ou le 20 août, une messe fut célébrée en son honneur, Pierre Vermeir fut enterré dans la sépulture familiale à Dreux, le 22 août.

C’est grâce aux recherches effectuées par Albert Hude, président du Centre d’Etudes et de Documentation sur la Résistance en Eure-et-Loir (CEDREL) et aux souvenirs de Jean Pasdeloup qu’une demande de reconnaissance officielle a pu être formulée auprès de Pierre Colson, directeur de L’ONAC-VG 28 , (Office National des Anciens Combattants et Victimes de Guerre du département) afin que le nom de Pierre Vermeir soit porté sur les stèles dédiées à la résistance locale.

La cérémonie s’est achevée par la mise à l’honneur de toutes les victimes du village, mortes pour la France, pendant la Seconde Guerre Mondiale.
Annie Duval-Petrix

25 janvier 2019 Article paru dans le journal « M Ta Ville »

Assistaient à cette cérémonie O.Marleix,député, C.Lescene,sénatrice, G.Hamel Pt de l’Agglo,P.Colson directeur ONAC-VG, JP.Bouchon, Souvenir Français, plusieurs maires des villages concernés et 5 membres du CEDREL.


Pierre Vermeir, résistant antonien

Ce résistant a grandi à Antony et a été fusillé par les nazis à Saint-Ange-et-Torçay, en 1944. Sa mémoire a été honorée le 11 janvier, lors d’une cérémonie dans cette commune d’Eure-et-Loir. Voici son histoire.

Pierre VermeirNous sommes le 23 août 1943. Antony est occupée par les Allemands. Rue de l’Aunette, dans le quartier du Noyer-Doré, Pierre Vermeir fête ses 19 ans. L’anniversaire de ce fils de cordonnier est assombri par les circonstances : des centaines de milliers de jeunes Français sont réquisitionnés de force en Allemagne pour intégrer le Service du travail obligatoire. Sentant son tour arriver, Pierre Vermeir part se cacher à Maillebois, dans l’Eure-et-Loir, où son oncle possède une longère. Là-bas, il se lie d’amitié avec Jean Pasdeloup, membre d’un groupe de Résistance du maquis de Saulnières. Vers le milieu de l’été 1944, Pierre Vermeir rejoint ce réseau.

Planque et fuite

Son destin bascule le 11 août : en fin d’après-midi, deux groupes du maquis s’apprêtent à attaquer une compagnie SS de la 9e panzer Hohenstauffen à Neuville-les-Bois. Un troisième est caché dans un grenier de Boutaincourt. Pierre Vermeir et Jean Pasdeloup ont trouvé refuge dans cette « planque », lorsque des sentinelles allemandes se posent au carrefour devant eux. Jean Pasdeloup propose alors à son chef de fuir discrètement « deux par deux », vers les champs environnants en abandonnant leurs armes. Une quinzaine de maquisards sortent ainsi indemnes. Jean Pasdeloup et Pierre Vermeir partent les derniers à travers les blés. Ils arrivent à l’entrée du village de Saulnières lorsqu’une moto allemande surgit. Deux soldats se jettent sur eux. Jean Pasdeloup arrive à se dégager de son assaillant et à fuir, mais Pierre Vermeir est pris. Le rescapé ira se cacher et apprendra plus tard l’attaque de Neuville-les-Bois, le soir même. Les Allemands sont à l’agonie et la Libération intervient le 15 août. C’est le moment des découvertes macabres.

Mains sur la tête

Un corps est retrouvé sur un chemin proche d’un bois à Saint-Ange-et-Torçay. Jean Pasdeloup est appelé sur place et identifie Pierre Vermeir grâce à ses vêtements, son corps étant devenu méconnaissable à cause de la torture. Deux jours après son arrestation, il a été, selon les témoignages des villageois, exhibé sur la place du monument aux morts, à genoux et mains sur sa tête ensanglantée. Le nom du Résistant ne figure sur aucune stèle d’Eure-et-Loir. À Antony, la rue de l’Aunette devient la rue Pierre-Vermeir. Albert Hude, président du Centre d’études et de documentation sur la Résistance en Eure-et-Loir, a mis au jour cette histoire après un an de recherches.

En dates

7 OU 18 AOÛT 1944

Le corps de Pierre Vermeir est retrouvé à Saint-Ange-et-Torçay

22 AOÛT 1944

Inhumation dans le caveau familial de Dreux, comportant la mention « Mort pour la France »

30 MARS 1945

La rue de l’Aunette est renommée Pierre-Vermeir par décision du Conseil municipal d’Antony

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